Des bénévoles en or

Installés dans Pointe-Gatineau depuis 56 ans, Hélène Rochon-Fortin... (Martin Roy, Le Droit)

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Installés dans Pointe-Gatineau depuis 56 ans, Hélène Rochon-Fortin et son conjoint Camille Fortin ont été forcés d'abandonner leur résidence pour la première fois, une finalité qu'ils ont pu éviter même durant « la crue du siècle » de 1974.

Martin Roy, Le Droit

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Crue historique en Outaouais
Crue historique en Outaouais

Tout sur la crue historique de 2017 »

Si des bénévoles offrent leurs bras pour remplir les sacs de sable, d'autres trouvent des moyens originaux, mais tout aussi importants de venir en aide aux sinistrés.

En poste depuis trois jours du matin au soir, Francine Hotte, sa fille et son petit-fils s'assurent que tout le monde, bénévoles et sinistrés, ait quelque chose à se mettre sous la dent, ainsi que des boissons pour se désaltérer. Tantôt des victuailles payées par de bons samaritains, tantôt des cadeaux d'entreprises de la région, Mme Hotte veille au grain pour le bien-être de tout le monde à partir de son kiosque improvisé sur la rue Saint-Louis. « Ça fait trois jours que je suis ici du matin au soir. Je suis fatiguée, je donne beaucoup de mon temps, mais ça fait plaisir parce que les gens en ont besoin. »

« Trois bonnes pelletées », 36 000 fois

La consigne était toute simple. « C'est votre première fois? OK, c'est trois bonnes pelletées d'adulte, on ferme le sac comme il faut et on les met dans le coin. » C'est ce qui a été répété toutes les dix secondes environ aux bénévoles qui affluaient de tous les côtés, pelle à la main, pour remplir des sacs de sable à l'aréna Campeau. À 13h, ils étaient 580 à pelleter sans relâche pour aider leurs concitoyens. D'autres faisaient la file à l'extérieur pour se joindre à cet élan de solidarité. Les palettes se remplissaient à vue d'oeil, prêtes à se rendre aux sites de distribution. La Ville avait 36 000 sacs à remplir, à partir de 26 gros tas de sable, pour cette nouvelle journée de corvée. Café, eau, jus, liqueur, petits plats maison, sandwichs et collations étaient offerts sur place pour tous ceux qui ont mis la main à la pâte. Des massothérapeutes étaient aussi présents pour offrir un petit répit aux dos endoloris par le pelletage ou le transport des sacs.

« On n'était plus capable »

« On n'était plus capable, on gelait », a laissé tomber Hélène Rochon-Fortin, quelques secondes après avoir débarqué de la chaloupe venue la chercher, avec son conjoint, Camille Fortin, dans leur résidence de la rue Oscar. Installé dans Pointe-Gatineau depuis 56 ans, le couple a été forcé d'abandonner sa résidence pour la première fois, une finalité qu'ils ont pu éviter même durant « la crue du siècle » de 1974. « C'est vraiment la température. S'il avait fait beau, on aurait été tout équipé pour se faire à manger dehors. Là, je n'ai plus de toasts le matin, plus rien », a affirmé Camille Fortin en rigolant. M. Fortin est toutefois un peu fâché de la gestion des opérations cette année, en comparaison avec la crue de 1974. « En 1974, je trouve qu'on avait du meilleur service, on avait des navettes aller-retour. Là, s'ils t'amènent ici, ils ne te ramènent pas. »




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