Crue record: l'histoire de l'Outaouais vient de se réécrire

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Le niveau d'eau a officiellement surpassé celui de 1974 à plusieurs endroits sur la rivière des Outaouais.

Martin Roy, Le Droit

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Crue historique en Outaouais
Crue historique en Outaouais

Tout sur la crue historique de 2017 »

Les Gatinois peuvent maintenant l'affirmer sans se tromper. Ils sont témoins et victimes d'une crue plus que centenaire et marquent ensemble l'histoire de la région.

La station hydrométrique de Britannia enregistre des relevés depuis 1915 dans la rivière des Outaouais. La plus forte crue jamais enregistrée à cette vénérable station datait de 1928, alors qu'elle avait atteint 60,35 mètres au-dessus du niveau de la mer. 

«Ce record a été battu dimanche, le 7 mai, confirme Manon Lalonde, ingénieur en chef à la Commission de planification de la régulation de la rivière des Outaouais. C'est du jamais vu en plus de 100 ans. La crue a atteint 60,45 mètres. La moyenne depuis 1915 à ce temps-ci de l'année est 58,74 mètres.»

La crue de 1974 avait atteint 44,41 mètres à la station hydrométrique de la marina de Hull. Ce matin, la mesure a atteint 45,18 mètres. Les inondations de 2017 sont officiellement plus importantes que celles qui ont marqué l'imaginaire collectif de la région il y a 43 ans.

Bonne nouvelle toutefois, la crête de la vague est actuellement en train de descendre la rivière. Les niveaux devraient recommencer à descendre très lentement au cours des prochaines heures. 

Des précipitations de pluie plus faibles que prévues dans les réservoirs du Témiscamingue et du Baskatong permettent un meilleur contrôle des grands réservoirs, précise Mme Lalonde. «Les réservoirs peuvent faire baisser plus tranquillement les niveaux d'eau qu'ils retiennent, ça aide», dit-elle.

Le sommet des crues est atteint, dit le ministre Coiteux

Martin Coiteux... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 3.0

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Martin Coiteux

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Comme prévu, le sommet des inondations sera atteint entre aujourd'hui lundi et mercredi, a indiqué le ministre de la Sécurite publique, Martin Coiteux. Et à compter de mercredi, le niveau des eaux commencera enfin à baisser.

Le ministre a rencontré la presse à 8h00 lundi matin à Montréal, aux côtés de ses collègues des Transports, Laurent Lessard, et de l'Environnement et du Développement durable, David Heurtel.

Jimmy Potvin, directeur des mesures d'urgence à la Sûreté du Québec était également présent, de même que le brigardier général Hercule Gosselin, commandant de la 2e division des Forces armées canadiennes.

Lundi matin, 2426 résidences étaient inondées et 1520 personnes avaient été évacuées, a précisé le ministre Coiteux. De même, 146 municipalités du Québec étaient touchées par ces inondations.

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>>> MISE À JOUR : «Les niveaux de pointe ont presque tous été atteints dans la plupart des endroits le long de la rivière des Outaouais entre Mattawa et le lac Deschênes à Britannia. Les niveaux entre le lac Deschênes à Britannia jusqu'à Hawkesbury/Grenville pourraient monter encore légèrement aujourd'hui et demain», affirme la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais.

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«Les signes encourageants, c'est que le niveau des eaux va cesser de monter. C'est très important de rementionner ça. On atteint les maximums maintenant», a résumé le ministre Coiteux, qui est aussi ministre des Affaires municipales.

Mais avant que les niveaux baissent de façon notable dans certaines régions, comme Rigaud, cela va prendre du temps, a-t-il prévenu. Les citoyens touchés devront donc s'armer de patience.

«On s'attend, avec les prévisions actuelles du point de vue de la météorologie, avec les prévisions actuelles sur les débits, on s'attend à ce que graduellement, les niveaux d'eau atteints dans les secteurs inondés commencent à baisser à partir de mercredi. Ça peut commencer un peu avant dans certains secteurs. Mais ils sont très hauts ces niveaux-là. Et ça va prendre un certain temps avant que l'eau retrouve son lit habituel. Alors il faut être patient. Mais je le sais que c'est dur», s'est exclamé le ministre Coiteux.

Débit

De son côté, le ministre de l'Environnement a expliqué que neuf barrages se trouvent dans le bassin versant de la rivière des Outaouais et que les trois autorités qui en sont reponsables - Hydro-Québec, les gouvernements fédéral et provincial au Québec - les géraient afin de ralentir le plus possible le débit d'eau.

«Ces efforts-là font en sorte que jusqu'à maintenant, ces barrages, ces réservoirs ont réussi à retenir plus de 2500 mètres cubes-seconde d'eau, ce qui équivaut à un niveau de plus de 50 centimètres pour le lac des Deux-Montagnes», a précisé le ministre Heurtel.

«On les utilise à plein régime, on va jusqu'à la limite possible, tout en ne menaçant pas l'intégrité structurale de nos barrages, de nos réservoirs. Mais le travail se poursuit», a-t-il ajouté.

«Depuis mardi dernier jusqu'à hier (dimanche), on avait vu une augmentation du niveau du lac des Deux-Montagnes d'à peu près un mètre, ce qui est énorme. Nos débits et nos modèles, depuis jeudi dernier, nous indiquaient qu'on atteindrait le débit record de près de 9000 mètres-cubes d'eau à la seconde. Nous sommes à 8900 mètres cubes» présentement, a précisé le ministre de l'Environnement.

Mais bonne nouvelle: ce débit commence maintenant à ralentir, a-t-il pris soin de souligner.

La Presse canadienne




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