« On ne voulait pas partir »

Jean-Claude St Pierre et Rachel Ranger, deux sinistrés... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Jean-Claude St Pierre et Rachel Ranger, deux sinistrés gatinois.

Etienne Ranger, Le Droit

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Crue historique en Outaouais
Crue historique en Outaouais

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La situation des inondations ne s'améliore pas à Gatineau. Rachel Ranger et son conjoint Jean-Claude St-Pierre en sont bien conscients. C'est donc à contrecoeur, vendredi matin, qu'ils ont décidé de quitter leur résidence du boulevard Hurtubise.

Le couple venait tout juste d'arriver, vers midi, au centre communautaire Jean-René-Monette.

« On aurait aimé mieux rester à la maison, confie Mme Ranger, alors qu'elle attendait d'être prise en charge par la Croix-Rouge. Mais les voisins, et tout le monde autour, étaient partis. On s'est dit qu'on n'avait plus vraiment le choix. »

Mme Ranger et son mari ont appris que leur secteur allait probablement être privé d'électricité pendant la fin de semaine, par mesure de sécurité. Et c'est ce qui les a poussé à évacuer leur domicile.

« Sans électricité, où est-ce que tu veux aller ? Qu'est-ce que tu veux faire ? Tu ne peux pas rester à la maison ! », affirme la dame.

« On a été obligé de vider le frigo parce qu'on ne sait pas combien de temps on va être parti, poursuit-elle. Une semaine ? Deux semaines ? Ils nous disent jusqu'à dimanche, mais ça va être encore pareil au cours de la semaine prochaine, le temps que l'eau descende. C'est choquant. »

À côté d'eux, d'autres sinistrés vivent une situation similaire.

« Nous, c'est dans le sous-sol. On aurait pu continuer à vivre là, mais comme l'eau va continuer de monter, on ne pourra juste plus accéder à la maison, explique un père de famille, Jean Richard. Si c'était juste de nous [ma conjointe et moi], on serait resté, mais on a des enfants. Pour eux, on n'a pas voulu prendre de chance. »

Et ils ne sont pas les seuls à avoir pris cette décision pour leurs enfants. 

La plupart des familles de la rue Hurtubise ont évacué leur maison.

Un peu plus loin, une mère de famille discute d'ailleurs avec un bénévole de la Croix-Rouge. Son fils est assis sur ses genoux.

« On a six enfants. Je ne voulais pas être prise à la maison sans aucun secours... En fait, on aurait eu du secours, mais on ne savait pas vraiment comment, et quand », témoigne Julie Boileau.

« Ils nous avaient dit que si on sortait, on n'allait pas pouvoir rentrer, explique-t-elle. On est sorti, parce que l'eau est pour monter pas mal. »

En attendant de pouvoir réintégrer leur foyer, la Croix-Rouge couvre le logement des sinistrés, leur nourriture et leurs vêtements.

Ce service peut être renouvelé tous les trois jours, jusqu'à ce que la situation des inondations soit réglée.

« On est très choyé malgré notre malchance ! », déclare Mme Boileau, visiblement soulagée.

Marika Bellavance, Le Droit




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