La STO en grève jeudi

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Les usagers de la STO devront prévoir une alternative jeudi puisqu'une rupture complète de service est prévue.

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En déposant une nouvelle « offre globale » à la toute dernière minute, mercredi après-midi, la Société de transport de l'Outaouais (STO) espérait bien relancer les négociations et surtout éviter le déclenchement, jeudi, d'une grève générale de ses chauffeurs et employés de l'entretien. Le syndicat y a plutôt vu un écran de fumée et a décidé de mettre sa menace à exécution.

L'offre n'a pas eu l'effet escompté par la partie patronale. Le syndicat a rejeté la « main tendue » par le président de la STO, Gilles Carpentier, et a confirmé l'accroissement des moyens de pression. Dès jeudi matin, et à raison d'une journée par semaine, les usagers de la STO se retrouveront sans aucun service de transport en commun. Des dizaines de milliers d'utilisateurs devront donc se mettre rapidement à la recherche d'alternatives afin de se rendre au boulot, et en revenir. 

« La proposition que nous mettons sur la table aujourd'hui est raisonnable, lançait M. Carpentier aux représentants de la presse, quelques minutes avant son dépôt officiel devant le médiateur où les deux parties étaient conviées. Ce n'est pas une proposition finale, c'est un os sur lequel nous pouvons tous gruger. Partons de ça pour relancer les discussions. »

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Gille Carpentier

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La partie syndicale n'a pas du tout apprécié cette façon de faire et a immédiatement remis en question la bonne foi de l'employeur. « La partie patronale devait nous fournir ses textes le 10 mars dernier, rappelle la procureur du syndicat, Me Josée Moreau. Cela nous aurait permis d'informer nos membres avant la rencontre avec le médiateur, mais la STO a de nouveau décidé de négocier sur la place publique en dévoilant le contenu de leur proposition aux médias avant de nous la présenter. C'est encore un manque de respect. »

Me Moreau a indiqué avoir « regardé rapidement » l'offre globale soumise par la STO. « On ne voit rien là-dedans qui est assez important pour qu'on continue de perdre notre temps », a-t-elle lancé. 

La direction de la STO a présenté son offre globale comme une « bonification » salariale et une « amélioration des conditions de travail » de ses employés. Toutefois, ces réaménagements se sont faits à l'intérieur du mandat de négociation établi dès le départ par la STO et continuaient de respecter l'enveloppe monétaire de 6 millions $ prévue pour financer les offres de l'employeur. L'écart de 12 millions $ entre l'offre patronale et les demandes syndicales demeurait.

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Félix Gendron, Steve Beaudin et Guy Gosselin

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« Plusieurs éléments de l'offre répondent à des demandes précises du syndicat, a noté le négociateur en chef de la STO, Jean-Jacques Rainville. Ça ne satisfera évidemment pas entièrement les demandes syndicales. Il y a des compromis des deux côtés. Nous n'avons pas le monopole des solutions, mais pour y arriver, il faut rétablir le dialogue. » 

 Me Moreau rétorque que si la STO avait été sérieuse dans sa volonté d'éviter la grève tournante qui débute jeudi, elle aurait accepté l'arbitrage de différends tel que proposé par le médiateur. « C'était la seule façon d'empêcher la grève et de mettre fin au conflit, dit-elle. Nous étions prêts à démarrer l'arbitrage, cesser complètement les moyens de pression et même continuer à négocier sur la base de la nouvelle proposition, mais les négociateurs de la STO ont clairement affirmé ne pas avoir le mandat d'accepter l'arbitrage tel qu'il est proposé. C'est la STO qui fait perdurer le conflit. Ça fait deux ans qu'on négocie et que plus on avance, plus les offres patronales régressent. On a perdu assez de temps. Il faut aller en arbitrage. » Cette méthode est cependant jugée fastidieuse, longue et coûteuse par la STO. 

Le président du syndicat, Félix Gendron, a indiqué avoir tenté de joindre M. Carpentier à au moins quatre reprises, mercredi après-midi, sans que ce dernier daigne lui répondre. « S'il avait vraiment voulu régler ça, il aurait au moins retourné mes appels », dit-il.

Population en otage

La STO a indiqué, en début de soirée, qu'elle déplorait que le syndicat prenne ainsi « la population en otage ». 

Elle invite les usagers à consulter son site Internet, ses comptes Facebook et Twitter pour connaître les alternatives mises de l'avant pour minimiser les impacts de la grève.

Le syndicat indique que la grève tournante sera en vigueur tant que l'employeur n'acceptera pas l'arbitrage tel que proposé par le médiateur. Les journées de grève tournante seront précisées par le syndicat environ 24 heures avant leur déclenchement. Le syndicat met sa menace de grève à exécution.

Les parents en renfort

En attendant d'obtenir une réponse à sa demande pour que le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) révise sa décision afin de considérer essentiel le transport des élèves du secondaire à bord des autobus de la Société de transport de l'Outaouais (STO), la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) rappelle aux parents qu'ils devront eux-mêmes assurer le transport de leurs enfants en cas de grève tournante chez le transporteur public.

Dans un message envoyé aux parents mercredi, la CSPO souligne qu'advenant l'arrêt des services de la STO, « il est impossible d'organiser un transport alternatif » pour les élèves du secondaire qui utilisent habituellement les autobus du transporteur public pour se rendre en classe. Les parents devront donc s'organiser pour reconduire et aller chercher leurs enfants, ou trouver quelqu'un pour le faire.

La commission scolaire attend par ailleurs une réponse du CCRI, qui a été sollicité le 19 janvier dans l'espoir que la décision de ne pas considérer essentiels les services de la STO soit révisée pour le transport des élèves du secondaire.

Les directions d'établissements « feront preuve de souplesse quant à l'heure d'arrivée et de départ des élèves » en cas de grève, assure la CSPO.

Un arrêt des services à la STO toucherait également environ 70% des élèves du Collège Nouvelles-Frontières, de même que près du tiers des élèves du Collège Saint-Alexandre.

>>La dernière offre de la STO en quelques clics




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