Unis contre le transfert d'artefacts à Gatineau

Parcs Canada prévoit transferer vers Gatineau quelque cinq... (Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Parcs Canada prévoit transferer vers Gatineau quelque cinq millions d'objets historiques locaux entreposés dans des bâtiments de l'avenue Newton et de Beauport.

Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Une quarantaine d'historiens et d'universitaires de Québec, dont le vice-recteur de l'Université Laval Éric Bauce et le professeur émérite Jacques Mathieu, ont cosigné une lettre envoyée à Parcs Canada, vendredi, en opposition au projet de transfert des artefacts de la Capitale-Nationale vers Gatineau.

«On trouve ça tout à fait aberrant. On ne comprend pas comment ils peuvent en arriver à prendre de pareilles décisions», a déploré, samedi, le président de la Société historique de Québec, Jean Dorval, qui a eu l'idée de la lettre. Cette dernière se veut une réponse aux révélations du Soleil concernant un projet de Parcs Canada de 45 millions $ impliquant le transfert vers Gatineau de quelque cinq millions d'objets historiques locaux entreposés dans des bâtiments de l'avenue Newton et de Beauport. 

La courte lettre cosignée par 43 experts et rédigée par le réputé historien Jacques Mathieu s'adresse directement au directeur général de Parcs Canada, Daniel Watson. «Nous nous opposons fortement au projet de transférer de Québec à Gatineau les artefacts de Parcs Canada», commence le professeur émérite, rappelant «le principe de base à l'effet qu'un objet ne prend tout son sens que dans le contexte de sa création ou de son utilisation».

«Il serait d'ailleurs aberrant de vouloir priver Québec, reconnue ville du patrimoine mondial par l'UNESCO, d'une partie significative de son patrimoine», poursuit-il. 

Unaniment décrié

Trouver des cosignataires n'a pas été difficile, affirme Jean Dorval. C'est que le projet de Parcs Canada est aussi unanimement décrié par les experts de la région que par les politiciens municipaux et provinciaux. 

«Ça s'est fait rapidement, en autant qu'on était capable de rejoindre les gens. Il n'y a jamais eu d'hésitation de personne pour signer cette lettre-là. Du moment que les gens prennent connaissance du projet de Parcs Canada, c'est sûr qu'ils ne sont pas d'accord», a-t-il expliqué. M. Dorval se désolait d'ailleurs de devoir mener à nouveau un combat que les experts en patrimoine croyaient déjà avoir gagné en 2012. À l'époque, Parcs Canada avait annoncé que les artefacts de diverses régions, dont Québec, seraient désormais regroupés à Ottawa. Le tollé qu'avait soulevé la nouvelle à Québec avait toutefois forcé l'organisme à reculer. 

«En 2012, il voulait tout regrouper ça à Ottawa. Là, ils se sont dit que ce serait mieux dans la province de Québec, alors ils ont dit Gatineau, mais dans le fonds, c'est la même chose. On avait tellement réagi fort à l'époque qu'on était certain que c'était fini. Tout le monde a été estomaqué de ça. On pensait qu'ils avaient compris, mais ça a l'air qu'ils n'avaient pas compris. On va leur faire comprendre.»

Déplorant que Parcs Canada n'ait même pas parlé de son projet à la Ville de Québec et à l'Université Laval, qui travaillent depuis plusieurs années de leur côté sur un laboratoire archéologique dans le pavillon Camille-Roy du Séminaire de Québec, Jean Dorval s'est tout de même dit optimiste de voir l'organisme fédéral faire à nouveau volte-face. 

«Il faut qu'ils se réveillent et qu'ils comprennent qu'ils ont encore une fois passé à côté de l'affaire.»




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