Expérience unique pour les futurs intervenants

Les participants de la 14e Nuit des sans-abris... (Martin Roy, LeDroit)

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Les participants de la 14e Nuit des sans-abris ne se sont pas laisser intimider par la pluie.

Martin Roy, LeDroit

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La Nuit des sans-abri de Gatineau se veut non seulement un événement de sensibilisation à l'itinérance, mais aussi une expérience de terrain unique pour les futurs intervenants en travail social sur le quotidien des sans-abri, des personnes marginalisées, des pauvres et des itinérants.

Martin Chartrand enseigne au programme Techniques de travail social au Collège Nouvelles frontières, à Gatineau. La participation de ses étudiants à titre de bénévole à l'événement est obligatoire dans le cadre de son cours. Cette implication vise à les sensibiliser à la situation des itinérants à Gatineau, et à l'importance de l'engagement bénévole.

« J'ai constaté en début de session que, pour une partie des étudiants, il y a une certaine crainte par rapport aux itinérants. De les emmener ici, ça leur permet de voir que ce sont des gens comme tout le monde. Ils viennent nous parler. Juste ça, ça déconstruit cette crainte qui est vécue aussi par une large tranche de la population. C'est ce qui fait que des activités comme celle de ce soir sont nécessaires », a expliqué M. Chartrand en entrevue au Droit, vendredi soir, lors de la 14e Nuit des sans-abri de Gatineau qui s'est déroulée au parc Ste-Bernadette, situé à l'ombre des tours de bureaux du centre-ville de Gatineau. 

Marie-Soleil Fortin-Tessier, étudiante au programme, était très satisfaite de son expérience. Elle s'est dite surprise par le nombre d'itinérants à Gatineau

« Je trouve que c'est quelque chose d'assez caché. De voir autant de monde ici m'a permis de constater que c'est un problème beaucoup plus gros que ce que je pensais, ou de ce qu'on nous a toujours dit », a-t-elle observé.

L'activité, organisé par le Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO), s'est déroulée sous le thème : « L'itinérance, pas dans ma cour ?! » L'événement a rassemblé une armée de bénévoles. Bouffe, musique, vêtement et une équipe médicale étaient offerts aux visiteurs qui ne se sont pas laissés intimider par la pluie. 

« L'itinérance, ça se vit beau temps, mauvais temps », a d'ailleurs tenu à signaler Alexandre Ranger, coordonnateur du CRIO.

Les demandes pour l'hébergement d'urgence et l'aide alimentaire « augmentent bon an, mal an », a notamment souligné M. Ranger, en entrevue au Droit. Ces services ne peuvent suffire à la demande, a-t-il ajouté, tout en précisant qu'il y a eu une forte croissance de la clientèle composée des jeunes de 12 à 18 ans dans les centres d'hébergement d'urgence.

« Le risque d'itinérance augmente à la vitesse Grand V avec la gentrification du centre-ville, et le coût des logements qui explose. Tout ça a un impact direct sur l'itinérance », a continué M. Ranger, qui plaide pour une hausse du salaire minimum, des prestations d'aide au revenu et des pensions de vieillesse.

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