Vingt ans de Mon Chez Nous

La conseillère Myriam Nadeau, le député provincial Alexandre... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La conseillère Myriam Nadeau, le député provincial Alexandre Iracà et le député fédéral Steven MacKinnon étaient aux côtés de François Roy pour l'inauguration du nouvel l'immeuble.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le syndrome « pas dans ma cour » auquel s'est buté à ses débuts l'organisme gatinois Mon Chez Nous est maintenant loin derrière, alors que deux décennies d'implication communautaire ont été soulignées, vendredi, par l'inauguration d'un complexe de 30 logements abordables destiné à promouvoir les saines habitudes de vie chez des personnes en situation d'itinérance.

Le nouvel immeuble érigé sur le boulevard Maloney Est, non loin du lac Beauchamp, met à la disposition de ses locataires une salle communautaire, une cuisine collective et un petit gymnase, tout en hébergeant les bureaux de Mon Chez Nous au troisième étage.

Parmi les mesures en place pour favoriser le développement de saines habitudes se retrouve l'interdiction de fumer à l'intérieur des logements, qui comportent tous une chambre à coucher.

Le projet de 5,8 millions $, qui a bénéficié d'une aide financière de près de 2,1 millions $ de la part du fédéral et du provincial, est le huitième que Mon Chez Nous réalise en 20 ans d'existence.

L'inauguration a eu lieu en présence de différents dignitaires, dont le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon, le député provincial de Papineau, Alexandre Iracà, la conseillère municipale Myriam Nadeau et l'ancien archevêque de Gatineau, Mgr Roger Ébacher.

« Mon Chez Nous, c'est une planche de salut pour les personnes seules et les familles fragilisées d'ici, a souligné Mme Nadeau. C'est un organisme qui se veut un élément de réponse à un problème bien présent dans nos sociétés modernes, la difficulté de se loger pour des citoyennes et des citoyens à faible revenu. Mon Chez Nous contribue à réduire l'incidence de se retrouver en situation d'itinérance que pourraient connaître nos concitoyennes et concitoyens, spirale qui peut facilement et sournoisement aspirer des personnes qui passent à travers des périodes difficiles de leur vie. »

Le tout premier projet de Mon Chez Nous, qui a vu le jour dans l'ancien Cinéma de Paris sur la rue Laval, dans le Vieux-Hull, avait dû faire face à de l'opposition du voisinage, se rappelle le président du conseil d'administration de l'organisme, François Roy.

« Les gens, la seule idée qu'ils avaient de l'itinérance, c'était le Gîte Ami et les gens qui étaient dans la rue, et il y avait des mauvaises langues, se souvient-il. [...] Mais la dynamique a complètement changé et ça ne s'est jamais reproduit dans les autres projets qu'on a faits. »

M. Roy note que l'équipe de Mon Chez Nous est « fière des résultats accomplis ». « Ce qui nous motive, ce sont les gens qui habitent là qu'on sort de la misère, dit-il. Ils sont encore pauvres, mais ils ne sont plus dans la misère. » 

Une autre preuve, aux yeux de François Roy, que l'argent consacré au logement social « n'est pas une dépense », mais bien un investissement.

La syndicalisation ne se fait pas sans heurts

Le processus de syndicalisation entamé il y a quelques mois par des salariés de l'organisme gatinois Mon Chez Nous ne se fait pas sans heurts, alors que des plaintes ont été déposées, notamment pour harcèlement psychologique, a appris LeDroit.

Les employés salariés de l'organisme communautaire ont approché la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), au printemps dernier, dans le but d'obtenir une accréditation afin de négocier une première convention collective régissant leurs conditions de travail.

Conseiller syndical à la CSQ, Richard Vennes a indiqué au Droit que « de sérieux problèmes de gestion interne et de relations internes » sont déplorés par les employés. Certains sont « tombés en congé de maladie », et des plaintes ont officiellement été déposées en vertu du Code du travail, a-t-il précisé.

« Huit ou neuf plaintes » ont ainsi été déposées, entre autres pour du harcèlement psychologique allégué par des employés, a fait savoir M. Vennes.

Interrogé à ce sujet, le président du conseil d'administration de Mon Chez Nous, François Roy, réfute ces allégations à l'effet qu'il y a eu du harcèlement psychologique. « C'est sûr qu'il y a eu des moments difficiles, mais là, ça s'est calmé et ça va relativement bien. Et on n'est pas contre la syndicalisation. On pense que ça va être un élément aidant dans le développement de Mon Chez Nous, ça va mieux camper les positions de chacun. »

Richard Vennes, qui a rencontré les employés salariés la semaine dernière, affirme pour sa part que « l'équipe est complètement épuisée et trouve chaotique le modèle de gestion qui est là ».

La CSQ estime qu'« il faut calmer le jeu et rétablir un climat de travail un peu plus serein ». Elle espère que la négociation d'une toute première convention collective pourra se faire rapidement pour les employés touchés, qui sont près d'une dizaine. Richard Vennes craint tout de même que le processus se fasse dans une ambiance de « confrontation » qui pourrait mener à une demande d'intervention auprès d'un conciliateur.

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