Le député Fergus voit MOOSE d'un bon oeil

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Le projet viendrait favoriser une plus grande utilisation du transport en commun des deux côtés de la rivière des Outaouais, croit le député Fergus.

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Le député fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, ne cache pas son parti pris pour le transport en commun sur rail. En ce sens, il dit voir d'un «bon oeil» et «favorablement» le projet MOOSE.

M. Fergus a récemment rencontré le PDG de MOOSE, Joseph Potvin. «C'est un projet qui offrirait aux gens de la grande région d'Ottawa et de Gatineau un lien rapide unissant le rural et l'urbain, note-t-il. Ça donnerait une autre option que l'auto pour permettre aux résidents de la périphérie de se rendre au travail dans le centre-ville. Il faut considérer un tel projet.»

Loin d'être un éventuel compétiteur des sociétés de transport public d'Ottawa et de Gatineau, MOOSE viendrait plutôt favoriser une plus grande utilisation des réseaux de transport en commun déjà déployés des deux côtés de la rivière des Outaouais, insiste M. Fergus.

«Nous avons présentement du transport en commun pour desservir les gens habitant dans les limites de la zone urbaine, rappelle le député libéral. Il faut s'attarder au transport régional et c'est ce que MOOSE tente de faire. Ce type de projet permettrait aussi de penser à l'urbanisme de l'avenir. Les gens s'installent en périphérie. Le principal problème de l'étalement urbain, ce sont les déplacements des gens. Si ces derniers ont l'occasion de se déplacer sur le territoire plus rapidement et plus efficacement, nous ne verrons plus l'étalement urbain de la même façon.»

M. Fergus est aussi d'avis que le réseau ferroviaire doit conserver son intégrité, notamment à Chelsea, où la municipalité souhaite retirer les rails pour transformer le corridor en piste cyclable. «Le pont Prince-de-Galles doit aussi être considéré pour assurer un meilleur transport régional. L'utilisation de ce pont doit être maximisée et partagée à plusieurs joueurs.»

«À la science de répondre de la pertinence de MOOSE», estime un professeur de l'UQO

Est-ce qu'un train reliant le coeur de la capitale fédérale aux secteurs ruraux de la grande région d'Ottawa-Gatineau est nécessaire? Peut-il au moins être viable?

À première vue, oui, répond Stéphane Gagnon, professeur au département de sciences administratives de l'Université du Québec en Outaouais. Mais selon lui, il faut se tourner vers la science pour obtenir des réponses crédibles à ces questions.

M. Gagnon connaît Joseph Potvin depuis 2006 et est au courant du projet MOOSE depuis 2012. M. Potvin est son étudiant au doctorat depuis 2013. «J'ai un parti pris, mais il ne faut pas laisser à un groupe d'individus, à des promoteurs ou aux politiciens en place le loisir de déterminer de l'avenir d'un projet comme MOOSE», insiste-t-il. 

La pertinence de MOOSE ne doit pas être évaluée selon une stricte vision comptable, soutient le professeur. «La décision doit être prise sur la base d'une analyse systémique, dit-il. Il faut y réfléchir de manière empirique.»

M. Gagnon préconise l'utilisation d'un logiciel de simulation extrêmement précis, perfectionné à Zurich, par des chercheurs reconnus, dit-il. 

Le Multi-Agent Transport Simulation (MATSim) permettrait d'analyser différents scénarios, allant du comportement des utilisateurs aux impacts sur la circulation, en passant par la fiabilité du réseau et l'impact d'un tel système sur les facteurs socio-économiques de toute la région. 

«En fait, ce n'est pas de MOOSE qu'il est question, précise M. Gagnon. C'est des 1,2 million de résidents de la région dont nous parlons. Ces gens-là n'ont pas les services de transport public auxquels ils ont droit. La simulation généralisée que nous ferions permettrait de définir un modèle complet de déplacement pour toute la grande région. Les élus en place ne sont pas capables de prendre ce genre de décision. Un projet comme MOOSE va toujours passer en dessous de leur radar. Nous vivons une sclérose décisionnelle.»

Stéphane Gagnon affirme avoir déjà interpellé la Société de transport de l'Outaouais (STO) ainsi qu'OC Transpo quant à la nécessité d'une telle simulation, mais en vain.

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