Le lac Beauchamp étouffe

Les différentes plantes aquatiques envahissantes, notamment le myriophylle... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Les différentes plantes aquatiques envahissantes, notamment le myriophylle à épis, se multiplient rapidement dans le lac Beauchamp.

Martin Roy, Archives LeDroit

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La survie du lac Beauchamp passera par le contrôle des plantes aquatiques envahissantes, un renouvellement plus rapide de l'eau et par un meilleur contrôle des oiseaux et des eaux de ruissellement, conclut l'étude commandée à ce sujet par la Ville de Gatineau.

Le Plan de gestion environnementale du lac Beauchamp réalisé par la firme JFSA et dont LeDroit a obtenu copie grâce à la Loi d'accès à l'information propose une série d'actions devant être réalisées sur une période de cinq ans et qui nécessiteraient des investissements évalués à 1,05 million de dollars.

Le diagnostic du biologiste Ghislain Ladouceur est limpide.

Les différentes plantes aquatiques envahissantes, notamment le myriophylle à épis, se multiplient rapidement. Le renouvellement des quelque 295 000 m3 d'eau que contient le lac se fait en 1,8 an, ce qui est relativement long et nuit à l'oxygénation de l'eau. Des actions doivent être prises pour remédier à ces deux problèmes.

François Roy, qui est coordonnateur de Logemen'occupe, nage presque quotidiennement au lac Beauchamp pendant la période estivale. Il affirme que la superficie occupée dans le lac par le myriophylle à épis a presque doublé en deux ans. «Ça se multiplie à grande vitesse, dit-il. La plante est même en train d'envahir l'espace réservé aux baigneurs. Les activités de canot participent aussi à la multiplication de la plante parce que les boutures arrachées par les embarcations survivent et colonisent d'autres parties du lac.»

Le rapport déposé par la firme JFSA a mené, à la fin du printemps, à l'adoption par le conseil municipal d'un plan d'action qui prévoit des interventions à court, moyen et long terme, rappelle Geneviève Michon, coordonnatrice de projet en environnement à la Ville de Gatineau. 

«Nous devons intervenir et réaliser des actions et c'est pour cette raison que nous avons fait une demande de subvention au gouvernement fédéral [dans le cadre du 150e de la Confédération canadienne], rappelle-t-elle. Il n'y aura aucune amélioration si nous ne faisons rien. Le lac vieillit prématurément à cause de l'activité humaine. Plus vite nous agirons, plus vite il y aura des améliorations.»

Gatineau attend une réponse du gouvernement fédéral à l'automne.

Contrôler le myriophylle à épis

Le plan de la Ville prévoit, entre autres, des actions pour réduire les eaux de ruissellement provenant des stationnements, une amélioration de la bande riveraine ainsi que le contrôle des plantes aquatiques envahissantes et des oiseaux. 

«Il y a des améliorations qui sont envisagées pour améliorer l'apport en eaux, mais ça va prendre des études supplémentaires et un certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement pour intervenir, indique Mme Michon. Nous avons aussi l'intention de contrôler le myriophylle à épis en installant dans le lac une toile de jute, mais là encore, nous devons attendre une réponse du fédéral et l'autorisation du ministère.»

Nicole Desroches, présidente de l'ABV des 7, explique que la toile de jute est à ce jour la solution qui semble fonctionner le plus efficacement pour contrôler ce type de plante envahissante. La méthode n'est toutefois pas reconnue par le ministère de l'Environnement. 

«Nous travaillons là-dessus avec l'Université du Québec à Trois-Rivières et nous avons développé une barge qui facilite l'installation de la toile de jute, précise-t-elle. Il en coûterait environ 1,50$ le mètre carré pour installer la toile. Une chose est bien claire, si Gatineau ne fait rien dans ce dossier, le lac Beauchamp va finir par se transformer en grand milieu humide. Le contrôle du myriophylle à épis nous ferait gagner beaucoup de temps.»

Le plan d'action de la Ville de Gatineau est directement lié à la subvention demandée. Si le fédéral devait refuser, le conseil aurait à se pencher sur un nouveau plan d'action et la façon de le financer.

Le plan pour sauver le lac

Les investissements nécessaires sont évalués à 1,05 million $ entre 2017 et 2021.

  • Fin de l'ensemencement de poissons;
  • contrôle du sable lors des Merveilles de sable;
  • contrôle des oiseaux aquatiques;
  • contrôle du myriophylle en épis à la plage;
  • contrôle des eaux de ruissellement du stationnement;
  • contrôle de la population de castors;
  • contrôle des eaux de ruissellement des sentiers en périphérie de la plage;
  • amélioration de la bande riveraine;
  • mise en place d'une structure de contrôle du niveau de l'eau;
  • suivi de la qualité de l'eau, des herbiers aquatiques et analyse des sédiments.

Source: Plan de gestion environnementale du lac Beauchamp, mars 2016

Le lac Beauchamp en bref

Histoire

  • Exploitation d'une usine de silice entre les années 1930 et 1950.
  • Dépotoir où les déchets étaient brûlés au sud-ouest du lac de 1967 à 1973.
  • Un second site dans le secteur nord du lac a été utilisé comme site d'enfouissement de déchets au cours des mêmes années.
  • Développement de l'exploitation récréotouristique dans les années 1970 et 1980.
Caractéristiques

  • 52% du parc du lac Beauchamp est constitué de forêt.
  • 11% du parc est occupé par le lac.
  • 22% du parc est constitué de milieux humides.
  • 16% du parc a été modifié par l'exploitation humaine.
  • La surface du lac fait 9,3 hectares.
  • Le lac contient 295 300 m3 d'eau et fait en moyenne 3 mètres de profondeur.
  • L'eau du lac se renouvelle entièrement en 1,8 an.
Température du lac 

  • 1970: 7,8˚C à 25,5˚C
  • 1990: 11˚C à 26,5 ˚C
  • 2001: 10˚C à 24˚C
  • 2015: 18˚C à 25˚C

Source: Plan de gestion environnementale du lac Beauchamp, mars 2016

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