L'alcool banalisé au Québec

Le directeur général d'Éduc'alcool déplore que les politiciens... (Simon Séguin-Bertrand, archives LeDroit)

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Le directeur général d'Éduc'alcool déplore que les politiciens québécois analysent plus souvent les questions entourant l'alcool sous un angle économique.

Simon Séguin-Bertrand, archives LeDroit

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L'éducation et la sensibilisation face aux effets de la consommation d'alcool sur la santé sont différentes en Ontario et au Québec. Éduc'alcool considère que la préoccupation des politiciens ontariens est plus grande que celle de leurs homologues du Québec, qui ont parfois tendance à banaliser la consommation des boissons alcoolisées.

Les politiciens québécois analysent plus souvent les questions entourant l'alcool sous un angle économique, déplore Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool.

Les discussions entourant la possible privatisation de la Société des alcools du Québec (SAQ) reflètent bien la réalité monétaire, soutient M. Sacy. L'État se questionne sur la perte d'une « vache à lait en matière de revenues » plutôt que de se pencher sur les problématiques de santé publique.

« Il y a du laxisme, une indifférence et une insouciance au Québec qui nous préoccupe. Le gouvernement a refusé de dire s'il va privatiser la SAQ. Je ne dis pas que la SAQ, c'est parfait, mais c'est un instrument de contrôle, explique le directeur général d'Éduc'alcool. Pour une société d'État, c'est plus facile en matière de santé et de prévention, parce que théoriquement, il y a moins de pression qu'au privé pour faire des profits. »

L'inaction du gouvernement nuit à la mission de l'organisme qui tente de changer les habitudes de consommation et de promouvoir la modération. La problématique résiderait dans l'application défaillante de la loi. Bien que le bilan routier s'améliore quant à la conduite avec les capacités affaiblies, M. Sacy estime qu'il reste du chemin à faire. « Plusieurs recherches démontrent que les mesures pour diminuer l'alcool au volant sont la perception que tu vas te faire arrêter si tu violes la loi. »

Il cite en exemple des recherches, qui ont dévoilé en 2014 que 66 % des gens pensent qu'il est très peu probable de se faire arrêter, alors que 70 % des Québécois n'ont pas vu un barrage routier depuis un an.

Formation des serveurs

La prudence observée en Ontario se traduit entre autres par l'importance accordée à la formation des serveurs. Ceux-ci sont obligés de suivre le cours « Smart Serve », tandis qu'au Québec, le cours Action Service est facultatif.

Cette formation permet aux serveurs d'être mieux outillés pour repérer les gens ayant trop consommé, mais surtout, de leur donner des moyens d'empêcher les clients de trop boire.

« Ça fait 12 ans qu'on a créé Action Service et il n'est toujours pas obligatoire. Seulement 8 % des serveurs l'ont suivi », déplore M. Sacy.

Livraison à domicile

Concernant la livraison d'alcool à domicile, le directeur général d'Éduc'alcool ne s'inquiète pas outre mesure. La Régie des alcools de l'Ontario (LCBO) a emboîté le pas de la SAQ, au cours des dernières semaines, en offrant l'option de commander de l'alcool en ligne et de se le faire livrer à la maison.

« À partir du moment où on s'assure que la personne qui achète et qui le reçoit à la maison est en âge de consommer de l'alcool, je n'ai pas de problème avec ça, indique-t-il. L'accessibilité à l'alcool, ce n'est pas une question de livraison ou non. Si on pousse les gens vers la qualité plutôt que la quantité, si on fait en sorte que le prix est juste, je pense que c'est correct. »

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