Marcher pour demander justice

Des membres de différentes communautés se sont emparés des rues d'Ottawa samedi... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

Agrandir

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Des membres de différentes communautés se sont emparés des rues d'Ottawa samedi pour exiger que justice soit faite pour Abdirahman Abdi, le Canadien d'origine somalienne décédé lundi après une intervention policière.

Les manifestants se massaient au Square Somerset, vers 13 h 30, tout juste avant le début de la marche. Plusieurs débarquaient sur les lieux munis de pancartes, certaines accusant le Service de police d'Ottawa d'avoir tué Abdirahman Abdi, d'autres reprenant le slogan « Black lives matter » (« Les vies noires comptent ») qui fait couler beaucoup d'encre aux États-Unis.

Ce lieu de rassemblement n'a pas été choisi au hasard ; c'est à deux pas de cet endroit que s'est produite l'altercation entre deux agents du SPO et l'Ottavien de 37 ans dimanche dernier. Le lendemain, le décès de ce dernier était constaté. « Nous demandons justice pour son homicide illégal, a expliqué l'organisatrice de la marche, Debbie Owusu-Akyeeah. Si ce n'était de la personne qui a filmé ou pris des photos, nous ne saurions pas ce qui s'est passé (...). De ce que j'ai vu, des gens sont responsables, et jusqu'à ce qu'ils soient tenus responsables de leurs actes, nous allons continuer de demander justice. »

« Il y a un manque de compréhension entre les communautés de la police, a souligné un participant qui a préféré ne pas s'identifier. Le monde évolue, le monde grandit, mais la police n'a pas évolué. C'est la façon dont les policiers l'ont neutralisé ; ça nous a tous touchés. Parce que c'est un être humain, Abdirahman. Même s'il s'agissait d'un jeune homme blanc qui est né ici, on aurait eu les mêmes réactions parce que la police a utilisé une force excessive. »

« (Les agents de la police d'Ottawa) ont besoin de plus de training, de venir dans les communautés, pour qu'on puisse apprendre les uns des autres », continue le résident du quartier Hintonburg.

Plusieurs personnes, dont le frère de la victime, ont remercié les quelque 200 participants de s'être présentés. Puis, vers 14 h, le cortège s'est mis en branle sur la rue Somerset en direction ouest, au rythme du slogan « No justice, no peace ! » (« Pas de justice, pas de paix ! ») chanté à l'unisson.

La manifestation pacifique a abouti au poste de police du 474 Elgin, fermé au public le temps de l'événement. Plus nombreux et plus furieux qu'à leur départ, les marcheurs se sont attroupés devant l'entrée de l'immeuble, où ils répétaient en choeur « Shame on you! » (« Honte à vous ! ») à une vingtaine de policiers stoïques. L'agitation s'est calmée pendant une minute de silence observée en mémoire d'Abdirahman Abdi. Une manifestante a ensuite brisé le silence en énonçant devant la foule et les forces de l'ordre une liste de demandes, notamment que l'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario rende public son rapport qui mettra les faits en lumière. Et, surtout, comme l'ont maintes fois martelé les participants, que les « tueurs d'Abdi (soient) hors des rues » (« Abdi's killers off the streets »).

Au même moment, l'Association canadienne des mères d'origine somalienne a émis une lettre demandant la suspension des agents Daniel Montsion et Dave Weir, qui étaient impliqués lors de l'altercation avec Abdirahman Abdi.

Le brouhaha a repris pendant près d'une heure avant que la foule ne se disperse dans le calme. Le poste de police a été rouvert au public à 17 h 50.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer