L'opposition se mobilise dans la Haute-Gatineau

La Ville de Maniwaki soutient que la fusion... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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La Ville de Maniwaki soutient que la fusion entraînerait des baisses de taxes foncières dans les municipalités voisines.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Charles-Antoine Gagnon

Collaboration spéciale

Le Droit

Le mouvement d'opposition à Déléage sur le projet de fusion municipale en Haute-Gatineau se poursuit. Les élus de la petite municipalité de moins de 1900 âmes sont d'ailleurs tentés de décréter la tenue d'un référendum pour trancher la question.

Une manifestation contre le regroupement projeté des municipalités d'Aumond, Déléage, Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau et Maniwaki doit avoir lieu mardi soir, avant la réunion du conseil municipal de Déléage. 

« Ça fait trois mois que les gens manifestent au conseil municipal. Il y a eu deux consultations publiques déjà pour regarder l'étude qui a été réalisée, et les gens se présentent en étant contre. Ils (les élus) font la sourde oreille. Nous ne voulons pas de référendum. Ça coûte de l'argent. On veut arrêter le processus avant le référendum », explique Anne Potvin, porte-parole du mouvement d'opposition.

Le maire de Déléage, Bernard Cayen, a indiqué en entrevue que même le conseil municipal est divisé sur le projet de regroupement. Le dossier cause des divisions dans la population, a-t-il ajouté, précisant qu'un groupe de personnes s'opposait à la fusion avant même que l'étude sur le regroupement ne soit publiée. Le maire Cayen a indiqué que le projet d'ordre du jour de la réunion du conseil de mardi contient un point portant sur la tenue d'un vote pour décréter un référendum.

M. Cayen a concédé que la fusion proposée entraîne des irritants, dont les dépenses accrues pour les services de la Sûreté du Québec. Toutefois, selon lui, il devient de plus en plus difficile pour les petites municipalités de survivre seules en raison des compressions imposées par Québec.

« Toutes les études que j'ai vues, incluant la nôtre, démontrent que les fusions sont avantageuses à plusieurs points de vue. C'est avantageux au niveau fiscal. C'est avantageux parce que les petites municipalités ont de plus en plus de responsabilités qui leur sont déléguées. On ne peut pas embaucher seul tout le personnel avec toutes les compétences nécessaires. Dans une petite municipalité, un directeur général doit être spécialiste dans tous les domaines. C'est un peu utopique. En se regroupant, on peut redéployer notre personnel, on peut le spécialiser et être en mesure de mieux assumer nos responsabilités », a expliqué M. Cayen.

Peu de réponses

Selon Anne Potvin, les citoyens peinent à obtenir des réponses à leurs questions concernant les impacts de la fusion.

« L'étude qu'on nous présente est basée sur des chiffres de 2015, mais quand on leur parle de ce qui nous inquiète pour l'avenir et qu'on leur demande des réponses, nous n'en avons pas. Ils sont incapables de nous prédire l'avenir », a souligné Mme Potvin.

Le mouvement d'opposition à Déléage craint des pertes de services et des hausses de taxes, en plus de devoir composer avec la dette de plus de 7,6 millions $ à Maniwaki et des pertes de subventions pour le réseau routier, notamment.

L'étude sur le regroupement municipal a été réalisée par les municipalités d'Aumond, de Déléage et de Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau, avec l'aide du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire. Elle indique, entre autres, que la nouvelle ville regroupée aurait une population de près de 6900 âmes, et que le déficit opérationnel de l'an un serait de 1 072 958 $. Le document précise notamment que Maniwaki est le pôle pour les services offerts à la population des municipalités avoisinantes.

« Le regroupement des municipalités d'Aumond, de Déléage, de Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau et de la Ville de Maniwaki pourrait renforcer l'importance de ce pôle d'attraction et engager les élus dans le développement d'une stratégie de développement économique commune. En outre, le regroupement pourrait avoir comme effet d'estomper la compétitivité entre les quatre municipalités », souligne le rapport de mai 2016, qui ajoute que des projets collectifs importants pourraient bénéficier d'un regroupement.

Baisse de taxes

À la Ville de Maniwaki, on précise que l'augmentation moyenne de la taxation globale au cours des dernières années est beaucoup plus basse que dans les trois autres municipalités incluses dans le projet de regroupement.

Le rapport prévoit que la fusion se traduirait par une baisse du compte de taxes pour la majorité des résidents actuels des quatre municipalités, à l'exception des résidents de Déléage qui ne sont pas servis en aqueduc et égout, et des résidents de Saint-Thérèse-de-la-Gatineau dont la propriété est évaluée à plus de 150 000 $.

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