La «belle dame du cimetère» ressuscite

La maison du gardien du cimetière Notre-Dame a retrouvé... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La maison du gardien du cimetière Notre-Dame a retrouvé son lustre d'antan.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Une saga longue d'une décennie vient de connaître une fin heureuse. Après avoir échappé à la démolition trois fois plutôt qu'une, la maison du gardien du cimetière Notre-Dame, à Gatineau, a été inaugurée jeudi.

«On peut parler d'une nouvelle naissance. Une nouvelle naissance, ça prend du temps et des douleurs», a lancé sur un ton mi-blagueur l'archevêque émérite du diocèse de Gatineau, Mgr Roger Ébacher, pendant la cérémonie qui marquait la fin de 10 ans de labeur.

La construction de la maison du gardien a commencé en 1914 sur les fondations de ce qui avait été une autre maison. Pendant soixante ans, différentes familles y ont défilé avant que la propriété soit transférée aux Jardins du souvenir en 1978. La corporation archiépiscopale y a aménagé ses bureaux jusqu'en 2006, avant que l'édifice presque centenaire ne devienne «plus travaillable» en raison de son état de dégradation.

Sans financement pour assurer la restauration majeure nécessaire, le conseil d'administration des Jardins du souvenir a dû se tourner vers la démolition. Il a fallu trois demandes de permis et autant de refus de la part de la Ville de Gatineau avant que la saga n'atteigne un tournant, lorsque le Conseil du patrimoine religieux du Québec a débloqué en 2011 une somme de 163 800$ qui venait s'ajouter aux quelque 80 000$ mis sur la table par la corporation propriétaire. Victoire, la maison était sauvée.

Après deux ans de recherche et de travail minutieux, l'édifice qui était «en mal d'amour» a enfin retrouvé son lustre d'antan. Les trois couches de peinture grise qui s'étaient écaillées avec le temps ont été sablées pour redonner à la brique la même teinte rougeâtre qu'elle avait en 1915. Les fenêtres à guillotine, qui avaient pratiquement figé dans leurs glissières, ont été remplacées par des fenêtres identiques aux originales, tout comme leur pourtour de bois, disparu au fil des années. Enfin, les galeries qui avaient été abattues ont été reconstruites pour correspondre à l'aspect qu'elles avaient lors de la première vie de la maison du gardien.

Le Conseil du patrimoine n'offrant pas de subvention pour restaurer l'intérieur des édifices patrimoniaux, le salon, la salle à manger, la cave et les chambres de la «belle dame» du boulevard Fournier ont rajeuni d'un siècle en trois mois de rénovations. Désormais, le personnel administratif des Jardins du souvenir y gère les six cimetières de la corporation depuis six bureaux et une salle de conférence dignes de 2016.

La sauvegarde de la maison du gardien est en bonne partie due à la lutte menée dès 2006 par la Société d'histoire de l'Outaouais (SHO). «En 2006, les gens se demandaient pourquoi on préserverait cette maison. On ne réalisait pas son importance historique. C'est la seule maison centenaire dans tout le quartier, la seule maison de gardien du cimetière à Gatineau, en Outaouais, et pour tout le Québec, il n'en reste même pas 10», a fait valoir le président de la SHO, Michel Prévost.

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