Des après-bals à l'aéroport de Gatineau

À défaut d'avoir attiré une grande entreprise pour relancer ses installations... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Etienne Ranger, LeDroit

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À défaut d'avoir attiré une grande entreprise pour relancer ses installations et garnir ses coffres, l'aéroport de Gatineau se tourne momentanément vers de jeunes finissants ontariens qui viendront faire la fête dans l'un de ses hangars, pour diversifier ses revenus.

Dans une lettre adressée aux propriétaires d'avions qui louent des espaces de stationnement dans les hangars de l'aéroport - et dont LeDroit a obtenu copie -, le directeur général de l'aéroport de Gatineau, Gaston Cloutier, affirme qu'une quinzaine de danses de graduations auront lieu dans le hangar n° 4, entre le 27 mai et le 30 juin prochain.

La grande majorité des jeunes qui se rendront à ces fêtes sont Ontariens et pourront profiter de la loi provinciale québécoise qui permet la consommation d'alcool à partir de 18 ans. 

M. Cloutier affirme que tous les permis nécessaires ont été obtenus pour la tenue de ces fêtes, incluant le permis d'alcool. «Un plan détaillé de sécurité a été préparé, des policiers, des gardes de sécurité d'une firme spécialisée, des employés de l'organisateur, ainsi qu'un employé de l'aéroport seront sur place à chaque événement», précise le directeur général de l'aéroport de Gatineau. 

L'organisation de ces événements a obligé la direction de l'aéroport à déménager tous les avions qui étaient stationnés dans le hangar n° 4 vers le hangar n° 3, où ils ont été entassés de façon à maximiser l'espace disponible.

«Complètement loufoque»

Au moins deux propriétaires d'avion dénoncent vivement cette décision de la direction de l'aéroport.

«C'est complètement loufoque, lance Guy Grégoire. Je suis d'accord avec la location du hangar pour des activités qui font la promotion du domaine de l'aéronautique, mais là, l'aéroport loue ses installations pour que des jeunes Ontariens qui n'ont pas l'âge de boire de l'alcool chez eux viennent prendre un coup à Gatineau.»

«Cette activité va bien au-delà du mandat de l'aéroport. Je suis à la fois préoccupé pour la sécurité de ces jeunes et pour la sécurité des avions. Connaissant les lieux, je peux vous dire que ça va prendre des services de sécurité drôlement allumés pour ne pas que des jeunes sur le party grimpent la clôture qui les séparera de la piste et des avions», souligne-t-il

Richard Wojciechowski, aussi propriétaire d'un avion, mentionne que des hélicoptères qui seront remplis de carburant demeureront en place dans le hangar n° 4 pendant les fêtes, ce que reconnaît M. Cloutier. «Je trouve que c'est un milieu dangereux pour ce type de soirée, affirme M. Wojciechowski. Un party de graduation, c'est beaucoup d'alcool - et souvent de drogue - et ça déborde facilement. C'est dangereux pour les participants et pour les appareils.»

Le directeur général de l'aéroport soutient qu'une barrière doit séparer les jeunes des hélicoptères à l'intérieur du hangar.

Le conseiller Maxime Tremblay, membre du conseil d'administration de l'aéroport de Gatineau, a confié au Droit qu'il n'était «vraiment pas chaud à l'idée» de permettre à l'aéroport de louer son hangar n° 4 pour ce type d'événement. «À mon avis, ça ne cadre pas dans la mission de l'aéroport», dit-il, avant d'ajouter que le conseil d'administration de l'aéroport a tout de même accepté la tenue de tels événements.

Appareils entassés

Les deux propriétaires d'avion se plaignent aussi de la façon dont les appareils ont été entassés dans le hangar n° 3, ce qui, selon eux, met à risque les avions. «Il n'y a que quelques pouces d'espace entre les ailes des avions, indique M. Grégoire. C'est beaucoup trop serré. Le risque de bris est grand.»

Deux propriétaires d'avion se plaignent de la façon... (Courtoisie) - image 2.0

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Deux propriétaires d'avion se plaignent de la façon dont les appareils ont été entassés dans le hangar n° 3, ce qui, selon eux, met à risque les avions.

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M. Cloutier reconnaît que les avions sont près les uns des autres, mais que cela ne cause pas de problème. «Ce n'est pas fait n'importe comment, dit-il. Nous avons fait comme nous faisons pendant l'hiver afin de maximiser l'espace. Nous pouvons continuer de déplacer les avions sans risquer d'en accrocher les ailes.»

Gaston Cloutier affirme qu'il peut compter sur les doigts d'une main le nombre de propriétaires d'avion mécontents de la situation. MM. Grégoire et Wojciechowski affirment pour leur part qu'une majorité de propriétaires sont très mal à l'aise avec cette décision de l'aéroport.

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