Peu de ressources pour les transgenres

L'accès à des ressources afin d'aider les personnes transgenres dans leur... (Photothèque Le Soleil)

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L'accès à des ressources afin d'aider les personnes transgenres dans leur transition est une denrée rare. Le Centre intégré de santé et services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) sera en mesure d'offrir le service d'évaluation dès la mi-juin, une première dans le secteur public.

Le CISSSO n'a pas de ressources disponibles pour aider les transgenres dans les premières étapes de leur transition. Présentement, une travailleuse sociale propose un service d'accompagnement à travers le CLSC et les écoles secondaires. En Outaouais, deux psychologues offrent le service d'évaluation au privé.

«Il y a un réel besoin. Ça prend une évaluation [de la dysphorie du genre] pour accéder au monde médical, c'est-à-dire les hormones, les chirurgies génitales et les mastectomies par exemple», explique Julie Sylvestre, travailleuse sociale au CISSSO. 

L'acte est réservé aux psychologues, mais Mme Sylvestre suit présentement une formation qui lui permettra dès la mi-juin de remplir les rapports d'évaluation.

Diane Blanche, est l'une des deux psychologues en Outaouais à offrir le service d'évaluation. Depuis quatre ans, elle a mené plus de 75 évaluations. Elle admet sans hésitation qu'il y a beaucoup de travail à faire afin de bien encadrer les personnes trans dans leur cheminement.

«C'est un processus extrêmement difficile, raconte Mme Blanchet. Quand j'ai commencé à m'occuper de cette clientèle, j'ai vu des personnes qui se sont fait claquer la porte au nez par des professionnels.» 

Les deux travailleurs de la santé s'entendent pour dire que la méconnaissance des gens joue pour beaucoup dans les difficultés rencontrées. La population a besoin d'être éduquée sur la réalité des trans afin de diminuer les préjugés à leur égard. 

«Il y a un travail de société à faire. Il y a des gens qui pensent que les transgenres, ce sont des travesties qui se déguisent dans le sexe opposé, observe Mme Sylvestre. Il faut éduquer les gens. Si on recule il y a 20 ans, l'homosexualité, par exemple, était considérée comme une maladie mentale. On a beaucoup évolué et c'est tant mieux. Nos jeunes sont plus ouverts à ces réalités aujourd'hui.»

Les sorties publiques de personnalités, comme Caitlyn Jenner ou Michelle Blanc, ont aidé à faire tomber les tabous.

Sur les 75 patients qu'elle a aidés au cours de sa carrière, Mme Blanchet observe une tendance vers une plus grande acceptation. L'entourage, la famille et même les employeurs font preuve d'ouverture. 

«Je ne dis pas qu'il n'y a jamais de problème ou de blocage, mais je vois une évolution et ça me réjouit beaucoup. [...] On est encore en train de défricher. On est loin d'un beau gros jardin tout fleuri, mais je veux avoir un regard optimiste parce qu'au moins on est en train de faire quelque chose», souligne la psychologue.

Explosion du nombre de demandes de changement d'identité

Les demandes de changement de la mention du sexe auprès du Directeur de l'état civil (DEC) du Québec ont explosé au cours de la dernière année.

En tout, 400 demandes ont été enregistrées entre le 1er avril 2015 et le 31 mars 2016, comparativement à 92 l'année précédente et 76 en 2013-2014.

Le gouvernement du Québec a allégé la procédure pour qu'une personne trans qui souhaite changer de nom ou d'identité sexuelle puisse le faire plus facilement, depuis le 1er octobre 2015.

«Il est permis de penser que les modifications adoptées par le gouvernement du Québec en octobre ont contribué à la hausse des demandes observées», indique Antoine Lavoie, porte-parole du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.

Lorsque le changement est approuvé par le DEC, le nouveau genre la personne doit figurer sur ses papiers légaux, comme sa carte d'assurance maladie ou son permis de conduire.

Des toilettes de genre neutre à l'Ud'O

La Faculté des sciences sociales de l'Université d'Ottawa travaille sur un projet afin d'installer des toilettes publiques non sexistes. Le projet est en cours de négociations et d'approbation.

L'objectif est que les deux toilettes de genre neutre soient fonctionnelles pour la rentrée 2016-2017. Les installations seraient situées dans le même édifice que l'Institut d'études féministes et de genre.

L'époque du «Fruit Machine»

L'Université du Québec en Outaouais tiendra un dîner-causerie au Café-bar Le Tonik, mardi, à 11 h 30, dans le cadre de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie.

La discussion portera notamment sur le «Fruit Machine», des tests bidon qui servaient à «déceler l'homosexualité» dans la fonction publique fédérale.

Plusieurs personnes gaies et lesbiennes ont perdu leur emploi, à partir des années 1950, en raison de cette façon de faire.

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