Quand Jessie devient Jayson

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En janvier 2015, Jayson a annoncé à sa famille et à ses proches qu'il se considérait plus homme que femme.

Etienne Ranger, LeDroit

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D'aussi loin qu'il se souvienne, Jayson a toujours essayé de correspondre à son identité physique, celle de Jessie.

Enfant, il ne s'associait pas aux autres petites filles. Sans comprendre pourquoi, il avait le sentiment de ne pas être lui-même. 

À l'adolescence, l'Halloween était sa fête préférée, puisqu'il pouvait se déguiser en garçon. «De la 5e année du primaire jusqu'en secondaire IV, je me suis toujours déguisé en gars, se souvient Jayson. J'avais tellement hâte à l'Halloween, parce que je pouvais être un garçon et c'était correct.»

Le déclic s'est réellement fait récemment, pour le Gatinois de 20 ans. En janvier 2015, il a annoncé à sa famille et à ses proches qu'il se considérait plus homme que femme. 

Depuis qu'il a commencé à prendre des hormones, il y a un peu plus de huit mois, des changements physiques radicaux se sont opérés. Sa voix est devenue plus grave, sa pilosité a légèrement augmenté et sa pomme d'Adam a commencé à paraître. Lorsqu'on le croise dans la rue, on pense immédiatement qu'il s'agit d'un homme.

Il considère éventuellement se soumettre à des opérations, afin de compléter sa transformation, mais pour le moment, il souhaite prendre son temps.

«Toute ma vie, j'ai essayé de correspondre à quelqu'un qui était Jessie, une fille. Maintenant, j'ai l'impression que mon corps m'appartient, qu'il me représente.»

Bien que légalement son identité ne soit pas encore changée - il souhaite le faire prochainement -, il se fait appeler Jayson par sa famille et ses proches.

Il confie d'ailleurs avoir obtenu beaucoup de soutien. Les gens autour de lui ont bien accueilli sa nouvelle identité, malgré quelques ajustements au début. Ses employeurs ont tous fait preuve d'ouverture.

L'avouer à sa famille a été le moment le plus difficile. Plus d'un an après la grande annonce, «le choc» est passé.

Pour l'aider dans sa transition, il a participé à des rencontres de groupe avec Jeunesse Idem, qui offre du soutien aux jeunes trans, lesbiennes et gais. Il a participé aux activités en se présentant comme Jayson, même s'il n'avait pas encore commencé le traitement hormonal. Il a aussi consulté une psychologue pour obtenir un rapport d'évaluation, de même qu'un endocrinologue par la suite. 

Les plus gros malaises sont survenus au début de sa transition, alors qu'il était dans «l'entre-deux». Il avait coupé ses cheveux, s'habillait en garçon, mais n'avait pas commencé l'hormonothérapie. Les gens le dévisageaient, parce qu'ils ne savaient pas s'il était un homme ou une femme.

Deuil

Aujourd'hui transgenre, il explique qu'il n'a jamais voulu «enterrer» Jessie, mais plutôt être bien avec lui-même.

«J'ai vécu le deuil de ma propre personne. [...] J'avais le sentiment d'avoir enlevé la vie à Jessie parce que je l'ai empêché de grandir et d'avoir un avenir. Je me suis regardé dans le miroir et ce n'était plus la même image. Je me sentais comme si j'étais dans un autre corps, mais le bon», confie le chrétien sans appartenance à une religion.

Même si le chemin vers sa nouvelle identité est rempli d'obstacles, Jayson ne regrette rien.

 «Maintenant, je peux dire que je suis authentique. Si je l'avais dit avant, je n'aurais pas senti que c'était vrai. [...] Tout le processus, ce n'est pas dans le but de mettre l'enveloppe d'une nouvelle personne. C'est de dévoiler la personne que je suis à l'intérieur.»

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