Château Logue: Maniwaki sort «gagnante», affirme Michel Lacroix

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«La Ville de Maniwaki a reçu beaucoup, beaucoup, beaucoup dans ce dossier-là», affirme le propriétaire du Château Logue, Michel Lacroix.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Pour le propriétaire du Château Logue, Michel Lacroix, une évidence saute aux yeux, alors que le dernier chapitre de la saga entourant son hôtel tire à sa fin. «La Ville de Maniwaki a reçu beaucoup, beaucoup, beaucoup dans ce dossier-là, insiste-t-il. Elle est la grande gagnante, sur plein d'aspects.»

M. Lacroix fait écho aux propos du maire de Maniwaki, Robert Coulombe, en affirmant que la municipalité sort de cette aventure avec des actifs dont la valeur est beaucoup plus importante que les créances qui lui étaient dues.

«Avant 2002, la Ville était prise avec un terrain en friche, rappelle-t-il. Aujourd'hui, c'est un terrain de golf sur lequel j'ai mis 1,5 million $ d'investissements. La Ville est propriétaire du terrain de golf, et moi, j'ai les mains vides.»

Selon M. Lacroix, l'administration municipale a «craqué sous la pression» en faisant saisir l'hôtel Château Logue en 2015. «Les médias dont LeDroit ont mis de la pression en 2013, dit-il, le ministère des Affaires municipales a été mis au courant que ça brassait à Maniwaki à cause d'un informateur qui faisait des plaintes à gauche et à droite, et la Ville s'est fait chicaner parce qu'elle n'a pas mis le Château Logue en faillite lors des premiers défauts de paiements en 2003.»

Créanciers

Les nombreux créanciers de la compagnie Centre Château Logue inc. ne doivent pas avoir trop d'attentes quant à un remboursement, indique M. Lacroix.

«Quand on fait une proposition aux créanciers, c'est que ce n'est pas tout le monde qui sera remboursé, c'est évident, dit-il. C'est une compagnie qui opère un commerce, mais qui ne détient plus d'actif. Elle n'a que des employés et des grosses dettes. Il faut trouver une façon de régler cette situation et la loi permet une telle réorganisation et c'est là que je suis. Si les créanciers refusent la proposition, ça va conduire la compagnie à la faillite.»

Au nombre des créanciers de la compagnie se trouve Investissement Québec, dont le prêt de 300 000$ n'a jamais été remboursé. «Je ne verserai pas une larme pour Investissement Québec, lance M. Lacroix. Ils en ont eu pour leur investissement, puisque j'ai versé environ 15 millions $ en salaires au cours des années. C'est un prêteur qui a le mandat de stimuler l'économie, ce n'est pas comme une banque. Pour eux, si le prêt est remboursé, c'est un peu comme une prime.»

M. Lacroix, qui a racheté le Château Logue avec une autre de ses sociétés à numéro, affirme qu'il cherche toujours un acheteur pour l'hôtel. Il souhaite que ce processus soit facilité maintenant que l'immeuble a été lavé de toutes ses dettes.

Michel Lacroix, en trois compagnies

L'homme d'affaires Michel Lacroix se décline en plusieurs compagnies dont il est l'actionnaire unique ou majoritaire.

Une première, le Centre Château Logue inc., qui connaît d'importantes difficultés financières depuis 2006 avec l'hôtel Château Logue est au bord de la faillite. Cet hôtel, principal actif de la compagnie, a été saisi et vendu devant shérif en novembre dernier.

Une deuxième société à numéro a agi comme prêteur hypothécaire auprès de la première compagnie pour une somme de 2,5 millions $.

Et une troisième, qui a racheté pour 800 000$, en 2010, une hypothèque conventionnelle de la Banque de développement du Canada (BDC) de 2,5 millions $ afin d'éviter la saisie du même hôtel. En acceptant cette offre, la BDC a tiré un trait sur 1,7 million $ d'argent public.

Cette troisième compagnie, dont Michel Lacroix est l'actionnaire unique, a racheté le Château Logue pour le quart de sa valeur à l'évaluation, aux enchères du shérif, en novembre dernier.

Maniwaki reçoit plus qu'elle ne perd, selon le maire

Même s'il n'y paraît rien au premier coup d'oeil, la Ville de Maniwaki va sortir de la saga du Château Logue plus riche qu'avant, estime le maire de la municipalité, Robert Coulombe.

Celui qui tient les rênes de la Ville de Maniwaki depuis plus de deux décennies reconnaît qu'une telle affirmation peut être difficile à avaler pour le contribuable moyen. «Il y a quand même des centaines de milliers de dollars qu'on ne reverra jamais, dit-il, mais quand on regarde le dossier de plus près, on voit que nous avons reçu beaucoup plus en actifs dans ce dossier que la créance totale qui nous est due.»

Le maire Coulombe explique que les nombreux défauts de paiements de Michel Lacroix, autant pour les taxes sur le terrain de golf que pour les versements pour le bail emphytéotique du même golf ou encore pour le bail pour l'utilisation de la passerelle qui traverse la rivière Désert, ont forcé la Ville à saisir ces actifs au cours des dernières années.

«Aujourd'hui, nous sommes propriétaires d'un terrain de golf complètement aménagé et sur lequel il y a eu des investissements d'environ 1,5 million $ du promoteur, dit-il. C'est la même chose pour la passerelle. La Ville est aujourd'hui propriétaire de ces actifs, dont la valeur est au moins dix fois supérieure à la créance qui ne sera jamais remboursée.»

Les nombreux documents juridiques et l'avis aux créanciers obtenus par LeDroit permettent d'évaluer à 539 381$ les pertes monétaires potentielles pour la Ville de Maniwaki. Le maire Coulombe affirme toutefois que les livres comptables de la Ville chiffrent les pertes potentielles à 454 400$. Ce dernier n'était pas en mesure, mercredi dernier, d'expliquer cet écart.

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