L'Outaouais perdrait d'autres travailleurs de proximité

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Le directeur général du CIPTO, Yves Séguin, rappelle qu'un seul travailleur peut faire 1700 interventions par an uniquement dans la région.

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Le travailleur de rue Léon Cardin ne serait pas seul à faire les frais de l'austérité. Dans les prochains mois, six autres postes semblables écoperaient des compressions budgétaires, une situation qu'ont vivement dénoncé le Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO) et l'Association des travailleurs et travailleuses de rue du Québec (ATTRueQ), vendredi matin, dans le Vieux-Hull.

La suppression et le remaniement de deux fonds du gouvernement provincial, à la fin des mois de mars et de mai, priveront les organismes de la région d'environ 200 000 $. Trois travailleurs à Hull, un à Aylmer et deux à Gatineau verraient leur poste aboli ou leurs tâches réduites. Les postes touchés coûtent quelque 40 000 $ par année.

Près de la moitié des effectifs de Gatineau en termes de travailleurs de proximité serait amputée. Des conséquences que déplore le délégué régional de l'ATTRueQ, Adrien Saint-Onge. «L'état actuel du travail de rue est déjà dramatique en Outaouais. On n'est pas assez de personnes pour couvrir les besoins des gens dans la région. En ce qui concerne les ressources, on est déjà extrêmement limités», s'est-il désolé en conférence de presse.

En fin de soirée vendredi, le directeur général du CIPTO, Yves Séguin, a cependant indiqué au Droit qu'une porte a été entrouverte du côté du gouvernement pour préserver le poste de M. Cardin.

«On nous a dit d'attendre les annonces budgétaires avant de prendre une décision. [...] C'est la première fois qu'on nous donne une date, il devrait donc y avoir de bonnes nouvelles.»

Selon M. Séguin, les travailleurs font du repérage actif pour intervenir auprès de personnes «en brisure avec les services conventionnels offerts». «Ils font le lien entre les gens et les ressources qui pourraient les aider, explique-t-il au sujet du travail de proximité. L'objectif à travers ça, c'est l'inclusion sociale. C'est de permettre aux gens de se raccrocher et de tranquillement viser une réinsertion ou une réadaptation, tout dépendant d'où la personne se trouve.»

Un seul travailleur peut faire 1 700 interventions par année. «Ça comprend de l'accompagnement, du soutien, de l'écoute, énumère Adrien Saint-Onge. Si on multiplie par le nombre d'années et de postes qui vont disparaître, on se rend compte que c'est plusieurs personnes qui vont se ramasser sans suivi et qui vont retomber entre deux chaises, sans accompagnement.»

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