Des mosquées posent des actions pour enrayer l'islamophobie

«Une des principales interprétations erronées du Coran par... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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«Une des principales interprétations erronées du Coran par les musulmans, c'est le jihad, lance Imtiaz Ahmed. Le jihad ne signifie pas d'enlever la vie à des innocents. (Ahmad) a dit que le jihad signifie plutôt la lutte interne contre le mal. Chaque musulman devrait s'efforcer de devenir un meilleur être humain.»

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Partout au Canada ce week-end, des mosquées ouvraient leurs portes dans l'espoir d'éteindre certains stéréotypes, à la racine de l'islamophobie. Ottawa faisait partie des villes où des activités avaient lieu.

C'est la communauté musulmane ahmadiste (Ahmadiyya) qui organisait la campagne nationale «Visitez une Mosquée». Comme l'explique l'imam responsable de cette communauté dans les régions d'Ottawa, Kingston et Cornwall, Imtiaz Ahmed, il s'agit d'un mouvement au sein de la religion musulmane qui prône pour une interprétation plus pacifique de certains termes dans le Coran.

Cette communauté s'inspire d'une réforme proposée par Mirza Ghulam Ahmad vers la fin du 19e siècle.

Interprétations erronées

«Une des principales interprétations erronées du Coran par les musulmans, c'est le jihad. Le jihad ne signifie pas d'enlever la vie à des innocents. (Ahmad) a dit que le jihad signifie plutôt la lutte interne contre le mal. Chaque musulman devrait s'efforcer de devenir un meilleur être humain.»

Généralement, lorsqu'on entend parler du «jihad» ou d'un «jihadiste», c'est rarement en des termes positifs. C'est justement avec l'objectif d'informer le public sur ces nuances dans la religion musulmane que la communauté ahmadiste tient ces portes ouvertes.

À Ottawa, c'est à la Mosquée de la rue Market, à Cumberland, que l'activité a eu lieu. Or, dans ce lieu de culte, on ouvre les portes aux curieux pratiquement sur une base quotidienne. Par exemple, on y trouve une salle de jeu munie d'une table de ping-pong et d'une table de baby-foot.

Pour l'imam Ahmed, il est nécessaire de tisser des liens avec la communauté environnante afin de mettre fin aux préjugés.

«C'est un fait, l'islamophobie est de plus en plus présente. Il y a une hausse des crimes haineux contre des musulmans. Une mosquée a été incendiée à Peterborough, par exemple. [...] Nous devons être proactifs pour mettre fin aux préjugés. Si ces gens connaissaient mieux l'Islam, ils n'auraient pas commis ces crimes.»

Imtiaz Ahmed croit fermement que les musulmans ont un rôle à jouer dans la montée de l'islamophobie. D'une façon incontournable, il y a les actions de terroristes comme Al-Qaida ou le groupe armé État islamique, des gens qui ont «détourné l'Islam pour leur agenda personnel», affirme l'imam.

D'un autre côté, il soutient que la grande majorité de musulmans pacifistes doit en faire davantage pour dénoncer cette violence, aussi frustrant que cela puisse être par moment.

«C'est une bataille difficile qu'on doit mener. Chaque fois qu'on croit avancer, une personne pose un geste comme celui d'octobre 2014 à Ottawa et prétend agir au nom de l'Islam.»

À Cumberland, où la communauté ahmadiste s'est établie dans une école abandonnée, ces progrès sont tangibles. Les résidents du coin sont constamment invités à leurs activités et ils sont de plus en plus nombreux à accepter cette invitation.

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