Le Gîte Ami met fin à l'accueil 24/7

Québec prive le Gîte Ami de 40 000$.... (Patrick Woodbury, archives LeDroit)

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Québec prive le Gîte Ami de 40 000$.

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C'est la fin de l'accueil 24/7 au Gîte Ami. L'annulation par Québec du financement lié à la lutte à la pauvreté force le centre d'hébergement d'urgence à fermer ses portes à sa clientèle tous les après-midi, de 11 h 30 à 16 h, dès le 1er avril.

En 2011, les fonds alloués par l'adoption du Plan d'action gouvernemental pour la solidarité et l'inclusion sociale (PAGSIS) avaient permis l'embauche d'une intervenante chargée d'accompagner les usagés du Gîte Ami, chaque après-midi, dans des démarches administratives variées, entre autres de demandes d'aide financière ou de recherche d'emploi. Mais dès le mois d'avril, le PAGSIS ne sera pas renouvelé, si bien que l'organisme sera privé des 40 000 $ qui financent la majeure partie du salaire de l'employée. En conséquence, le poste sera supprimé.

En l'absence d'une personne chargée d'accompagner la clientèle présente, les personnes qui désirent profiter des services du Gîte Ami en après-midi se heurteront à une porte close et devront trouver un autre abri d'eux-mêmes. Quant à ceux qui sont incapables de se déplacer par leurs propres moyens, notamment les clients en période de convalescence, qui d'ordinaire sont accueillis pour un séjour temporaire, ils seront référés aux services publics.

Pour le président du conseil d'administration du Gîte Ami, Gilles Cloutier, il apparaît évident que cette perte de service fera mal aux usagers.

«C'est une ressource de moins pour se sortir de la rue. Quand quelqu'un fait des démarches après avoir perdu son appartement, quand quelqu'un a perdu son emploi, la personne ne se retrouve avec rien, ou presque. Nos intervenants, comme celle qui perd son emploi, elle est capable de retrouver le bon programme gouvernemental, que ce soit pour chercher de l'assistance, trouver des contacts, une cure de désintox... Si on perd cette personne-là, c'est sûr que les usagers écopent.»

Inquiétude

L'intervenante dont le poste sera supprimé, Laurianne Benoit, craint que sans aide, certains clients renoncent à des programmes auxquels ils ont droit. «Souvent, quand (les usagers) sont confrontés à des formulaires, c'est complexe, c'est long, ils abandonnent, et finalement, ils n'ont jamais le revenu qu'ils devraient avoir, explique-t-elle. Je suis inquiète, parce que s'ils ne viennent pas ici, est-ce qu'ils vont vraiment faire les démarches qu'ils auraient faites si on avait été là?»

«Au fond, on les empêche de réaliser leur plein potentiel», déplore l'intervenante.

En trois ans, la Ville de Gatineau a reçu environ 1 270 000 $ pour financer 17 projets dans le cadre du PAGSIS.

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