Mois de l'histoire des Noirs: mettre fin aux préjugés

Christopher Olutola et sa fille Olivia dansent lors de... (Martin Roy, LeDroit)

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Christopher Olutola et sa fille Olivia dansent lors de l'activité culturelle et commerciale qui prenait place à la Maison du citoyen de Gatineau.

Martin Roy, LeDroit

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Ce n'est pas un mauvais jeu de mots, les activités du Mois de l'histoire des Noirs à Gatineau sont hautes en couleur. La bonne humeur était notamment palpable samedi à la Maison du citoyen pour la journée Noirs-Si-Sons. Derrière cette démonstration de joie de vivre, il y a également un désir profond d'éliminer les inégalités qui subsistent.

Dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs, le Conseil des communautés noires de Gatineau (CCNG) s'est fait un devoir de reconnaître l'apport remarquable de membres de leur communauté. Cette année, Léopold Ntezurubanza (évaluateur scientifique à Santé Canada et chimiste de renom), le Dr Kalambay Kalula (médecin en santé publique), le Dr Raymond Narcisse (vice-président de Samedi Littéraire Canado-Haïtien) et Mireille Apollon (conseillère municipale) ont reçu l'honneur.

Les activités se sont déroulées dans la bonne humeur et la dernière au calendrier, le Carnaval Soleil Polaire dans le cadre de la Gatineau Loppet dimanche prochain, promet également.

Toutefois, les célébrations du Mois de l'histoire des Noirs demeurent un outil important pour sensibiliser la population gatinoise à ce patrimoine riche, diversifié et souvent mal représenté dans nos livres d'histoire, selon le président du CCNG, Fernand Bienvenue Ackey.

Selon M. Ackey, cette méconnaissance plutôt généralisée de l'histoire des Noirs est la première source des préjugés et des stéréotypes.

«En 2002, je ne voulais rien savoir du Mois de l'histoire des Noirs. [...] Très vite, je me suis rendu compte qu'il y a des gens qui ont des regards stéréotypés sur moi et sur les gens de ma communauté. [...] (Ces célébrations) permettent de mettre en exergue une contribution qui est généralement passée sous silence.»

Parmi les pans de l'histoire noire qui est peu souvent racontée, il y a la vie de Mathieu Da Costa qui a agi de traducteur pour Samuel de Champlain avec les peuples autochtones. Personnage mystérieux, les historiens s'expliquent mal comment Da Costa a pu apprendre la langue des Micmacs et des Montagnais.

Le passé des communautés noires est sous-représenté, mais leur présent aussi, selon le membre fondateur du CCNG, Jean-Marie Mondésir. 

Il blâme les médias canadiens (dont LeDroit) pour le reflet qu'ils présentent de la réalité des communautés noires.

«L'image qu'on projette, c'est les enfants soldats, notre laideur africaine. [...] La beauté africaine, ça ne se vend pas à la télé, affirme M. Mondésir. Je ne demande pas la première page, mais j'aimerais qu'on parle de nos réussites. Parce que si c'est un noir qui vend de la drogue, ça, c'est sûr qu'on va en parler.»

Le débat du blackface au Québec est un exemple de cette réalité, selon Fernand Bienvenue Ackey. Les comédiens existent, sont nombreux et sont talentueux. Il suffit de leur faire une place. Et en faisant une place à ces comédiens, à ces journalistes, à ces penseurs, on contribuera à éliminer les stéréotypes et les préjugés, estime le président du CCNG.

«Je crois que de façon générale, les gens de notre communauté manquent de modèles. On s'identifie tous à quelque chose. C'est très dur pour un jeune de continuer ses études quand il voit son papa avec un doctorat à la maison sans emploi.»

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