Les CPE se font entendre

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Des centaines de personnes ont marché en direction du bureau du député de Chapleau, Marc Carrière, dimanche matin.

Martin Roy, LeDroit

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La Place de la Cité à Gatineau, tout comme la Place Émilie-Gamelin à Montréal, était bondée de gens dimanche. Des centaines de personnes se sont réunies pour signifier leur désaccord avec les compressions dans le réseau des centres de la petite enfance (CPE) du Québec.

Le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, a réitéré jeudi objectif de réduction de financement de 120 millions $. Pour l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), ces compressions sont inacceptables.

«Les coupures, il faut que ça soit arrêté, ou au moins mis en attente le temps qu'on réévalue tout ça», affirme Éric Maltais, organisateur de la manifestation gatinoise et directeur général du CPE Aux Petits Lurons dans le secteur Aylmer.

Les parents, enfants et employés de CPE mobilisés à Gatineau dimanche ont marché jusqu'au bureau du député de Chapleau, Marc Carrière, où deux porte-paroles l'ont rencontré.

Redresser les finances de la province

M. Carrière s'est engagé à transmettre le message à son collègue Sébastien Proulx, mais a réitéré que, selon lui, des efforts sont nécessaires par tous pour redresser la situation financière de la province.

Ce message du gouvernement est toutefois critiqué. Plusieurs soulignent que certains privilégiés ne sont pas forcés de faire ces efforts. La subvention 1,3 milliard $ accordée l'an dernier à Bombardier - pour donner un essor à la C Series qui battait de l'aile - est devenue l'exemple classique de cette critique. Pour Marc Carrière, c'est toutefois une critique injustifiée.

«Les familles, ça leur prend un travail. L'aéronautique, au Québec, c'est un des pans de notre économie qui est important. Bombardier, c'est un fleuron du Québec. Est-ce qu'on le laisse tomber? La réponse, c'est non.»

Dans le cas des CPE, le député de Chapleau insiste que l'AQCPE doit revenir négocier avec le gouvernement et souligne que plusieurs établissements cumulent des surplus.

M. Maltais réitère cependant que les compressions ne doivent pas faire l'objet de discussion et qu'il faut plutôt discuter sur les moyens d'améliorer l'efficience du réseau si on cherche à diminuer les dépenses.

«Le 1er avril 2015, le gouvernement a coupé 75 millions $ dans le réseau des CPE. Moi, à mon CPE, c'est 55 000 $ que j'ai dû couper. C'est six éducatrices à temps complet qui sont devenues à temps partiel. [...] Moi, (les prochaines coupures), ce serait 85 000 $. Je dois respecter les ententes avec mes employés. Les salaires augmentent, le prix de la nourriture augmente. C'est impossible d'arriver.»

«J'ai 2,2 millions $ de chiffre d'affaires, j'ai 200 000 $ dans le compte de banque. Est-ce que c'est du surplus accumulé? Ça me coûte 120 000 $ par mois de paye. C'est un mois d'avance de salaire, c'est tout. Pour moi, c'est simplement une saine gestion», ajoute Éric Maltais.

Au total, des manifestations ont eu lieu dans 18 villes québécoises. D'autres moyens de pression sont prévus par l'AQCPE, dont la fermeture d'établissements, soit pour quelques heures ou des journées complètes, à compter du mois de mars. Avec La Presse Canadienne

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