Graffitis haineux sur une église d'Ottawa

Le révérend Dr Anthony Bailey a fait fi... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le révérend Dr Anthony Bailey a fait fi de la demande des policiers et a levé le voile lundi sur un incident à caractère haineux survenu il y a une dizaine de jours sur les murs de l'Église unie Parkdale, à Ottawa.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le Canada est une des plus belles terres d'accueil au monde, a-t-on claironné à l'occasion des célébrations de la Journée Martin Luther King, lundi, à l'hôtel de ville d'Ottawa. Mais il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Le racisme est encore bien présent dans nos communautés. Des graffitis haineux peints sur le mur d'un lieu de culte de l'Église unie à Ottawa, pas plus tard que la semaine dernière, en font foi.

«Négro», «Tupac». Le révérend DAnthony Bailey a retrouvé son église salie de ces mots lourds de sens, le dimanche 10 janvier dernier.

Encore sous le choc, l'homme de foi a brisé le silence que lui a imposé la police, lundi, sur ce qui ressemble à un crime à caractère racial «ciblé».

«Je suis le seul révérend noir à Ottawa», laisse tomber M. Bailey, précisant que l'incident est une première pour lui et sa congrégation. C'est troublant, c'est bouleversant, c'est choquant.»

Le révérend a profité de la messe dominicale du week-end pour lancer un message «d'unité et de réconciliation», des valeurs plus fortes que «la haine, la division et la violence», selon le révérend.

Après l'incident du 10 janvier, le Service de police d'Ottawa (SPO) a demandé à M. Bailey de ne pas ébruiter l'affaire. Sans remettre en doute la stratégie des policiers, le révérend croit qu'il était temps de rendre l'information publique.

«Les policiers ont fait un bon travail. Mais ils étaient très inquiets. Ils craignaient des représailles», dit-il.

Les policiers ont expliqué au révérend que l'inscription «Tupac» [N.D.L.R. Un rappeur américain assassiné dans les années 1990] peut signifier la menace d'un acte violent à venir.

Le conseiller du quartier, Jeff Leiper a aussi trouvé «difficile» de garder le silence sur l'incident, dit-il.

«Je suis heureux que le révérend en parle publiquement, parce que ça nous donne la chance, nous les politiciens, d'interpeller nos concitoyens sur le sujet et de leur dire que le racisme existe encore.»

Les célébrations de la Journée Martin Luther King à l'hôtel de ville d'Ottawa étaient organisées par l'organisme DreamKEEPERS, qui protège l'héritage du militant des droits civiques des Noirs aux États-Unis.

Son cofondateur, Daniel Stringer, croit que les policiers n'auraient pas dû mettre le couvercle sur l'incident.

Il estime que cette attitude trahit le refus du conseil municipal de prendre de front le phénomène du racisme.

«Je pense que nos élus municipaux vivent dans le déni», lance-t-il.

Joe Clark honoré

L'épouse du premier ministre Justin Trudeau, Sophie Grégoire,... (Martin Roy, LeDroit) - image 3.0

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L'épouse du premier ministre Justin Trudeau, Sophie Grégoire, accompagnée de l'ex-premier ministre conservateur Joe Clark, lundi lors des célébrations de la Journée Martin Luther King à Ottawa.

Martin Roy, LeDroit

Cette année, DreamKEEPERS a remis son prix d'excellence pour l'ensemble de ses réalisations à Joe Clark. L'ancien premier ministre a profité de sa tribune pour livrer un vibrant témoignage sur l'inclusion sociale. Tout comme Sophie Grégoire Trudeau.

«Je crois que grâce à la Commission de vérité et réconciliation du Canada, nous sommes sur le point de réaliser des changements historiques en regard aux droits des autochtones», a affirmé M. Clark.

Des leaders des communautés musulmanes, chrétiennes, juives et autochtones se sont succédé sur scène. Tour à tour, ils ont rappelé les valeurs d'ouvertures chères aux Canadiens.

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