Cantley s'entend avec son ex-dg

La bataille entourant le congédiement de l'ex-directeur général... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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La bataille entourant le congédiement de l'ex-directeur général de la municipalité de Cantley, Richard Parent, aura finalement duré plus de cinq ans.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Le 8 décembre dernier, sans tambour ni trompette, Cantley mettait fin à une importante saga qui aura coûté des centaines de milliers de dollars à la municipalité, en plus d'être la racine d'un profond conflit au sein du précédent conseil municipal entre l'ex-maire, Steve Harris, et la majorité des conseillers. L'ex-directeur général, Richard Parent, et la municipalité se sont entendus sur l'indemnité qui doit lui être versée pour son congédiement jugé illégal par la Commission des relations de travail (CRT).

Le principal intéressé est évidemment ravi que les cinq dernières années soient officiellement derrière lui.

«Après cinq ans à me battre, finalement, je peux regarder vers l'avant. Je pense qu'on a réussi à régler à la satisfaction des parties», a indiqué M. Parent.

La mairesse de Cantley, Madeleine Brunette, s'est également réjouie de mettre un terme à cette saga, indiquant dans un courriel envoyé au Droit qu'il s'agissait d'une «très bonne nouvelle» et que ça permet à la municipalité «d'entamer l'année sur une note positive et constructive».

Mme Brunette, comme Richard Parent, a cependant poliment refusé de commenter davantage le dossier, puisque l'entente est accompagnée d'une clause de confidentialité.

Bataille très dispendieuse

Bien entendu, la valeur de l'indemnité versée à M. Parent est également confidentielle. Or, selon les informations obtenues par LeDroit, l'entente a coûté plusieurs centaines de milliers de dollars à la municipalité.

Rappelons qu'au moment d'entreprendre les démarches devant la CRT, Richard Parent réclamait une somme de 200 000 $. Or, l'entente aurait prévu une indemnité plus élevée encore, ce qui inclut les frais juridiques encourus par l'ex-directeur général depuis son renvoi, ainsi qu'une somme en dommage et intérêts.

La municipalité a également dépensé plus de 400 000 $ en frais juridiques pour se défendre. L'ex-maire, Steve Harris, s'était opposé au congédiement de M. Parent en 2010 et soutient que cette situation doit permettre à des élus municipaux de l'ensemble du Québec de tirer des leçons.

«Les conseillers municipaux doivent comprendre qu'ils ne peuvent pas inventer les règles. Inventer les règles, ça coûte cher à une municipalité», résume-t-il.

Rappelons qu'un groupe de quatre conseillers s'étaient ligués contre le maire en octobre 2010 pour congédier le directeur général, deux mois après que Richard Parent ait été confirmé en poste. De ce groupe, il y avait Alexandre Marion, candidat défait à la mairie de Cantley en 2013. Ce dernier n'a pas retourné les appels du Droit pour commenter la conclusion de ce dossier.

Au moment de le congédier, ces élus affirmaient avoir perdu confiance en Richard Parent puisque ce dernier n'avait pas suivi certaines résolutions votées par le conseil. Dans les mois qui ont suivi, ils l'ont accusé d'avoir réclamé des heures supplémentaires, des congés auxquels il n'aurait pas eu droit, ainsi que des dépenses injustifiées. Les élus lui ont demandé de rembourser 75 000 $.

Le groupe composé de M. Marion, Marc Saumier, Marc Ducharme et François Hallé avait également soutenu, en décembre 2011, que MM. Parent et Harris ont bouclé une transaction de manière illégale pour ce qui est plus tard devenu le garage municipal de Cantley.

Aujourd'hui, Steve Harris estime que le temps lui a donné raison. Il croit que ses adversaires politiques ont bien mal géré le dossier.

«La Ville de Gatineau a congédié son dg et ils ont payé 400 000 $, ou quelque chose comme ça (NDLR: une indemnité de 402 240 $ a été versée à Robert Weemaes en 2013). C'était assez simple. On peut congédier, mais ça coûte quelque chose. Dans ce cas-ci [...], les quatre conseillers responsables, ensemble, ont refusé de négocier quoi que ce soit.»

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