Windmill se bute à la CCQ pour l'embauche d'autochtones

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Le cofondateur de Windmill, Jeff Westeinde, aimerait pouvoir faire l'embauche de travailleurs autochtones, mais les règlements de la Commission de la construction du Québec l'en empêchent.

Patrick Woodbury, LeDroit

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La compagnie Windmill Developments, qui s'apprête à lancer un chantier de plus d'un milliard de dollars pour son projet domiciliaire et commercial Zibi dans le secteur des îles Chaudières et Albert, rencontre un obstacle de taille l'empêchant d'embaucher des travailleurs autochtones sur le site ; la rigidité de la réglementation encadrant l'industrie de la construction au Québec.

Le chef de la Confédération des peuples autochtones du Canada, Guillaume Carle peut s'opposer, comme il l'a fait mardi, à la construction de Zibi et même menacer d'alerter la communauté internationale pour revendiquer ces terres, ça n'ébranle pas le cofondateur de Windmill, Jeff Westeinde.

Ce dernier est convaincu de faire ce qu'il faut pour inclure les Algonquins dans son projet. Windmill reconnaît d'entrée de jeu que le projet Zibi se trouve sur des terres algonquines, non cédées, comme l'est d'ailleurs tout le secteur qui longe la rivière des Outaouais, ce qui comprend Ottawa et Gatineau. C'est avec la prémisse que les Algonquins n'ont jamais offert, vendu, échangé, ni transféré ces terres que Windmill veut agir comme partenaire avec les Algonquins et qu'elle a approché les communautés autochtones de Kitigan Zibi, près de Maniwaki, et les Algonquins de Pikwàkanagàn, en Ontario. « Ça n'a pas d'application légale, note M. Westeinde, mais nous n'hésitons pas à en parler parce que pour nous c'est un fait. »

M. Westeinde explique qu'il souhaite développer des avantages concrets et durables pour les Premières Nations à l'intérieur de Zibi et que cela passe d'abord par l'offre d'emploi aux travailleurs autochtones.

Mais ce n'est pas si facile.

Windmill se bute actuellement à la rigidité du cadre légal imposé par la Commission de la construction du Québec (CCQ). « Nous voulons embaucher des travailleurs autochtones sur notre chantier, c'est important pour nous, explique M. Westeinde. Il y a six mois, j'ai voulu faire creuser des trous sur le site pour faire des analyses de sol. J'ai contacté un entrepreneur algonquin, qualifié, qui habite la réserve de Kitigan Zibi. Comme bien des travailleurs qui habitent et travaillent sur les réserves, il n'a pas sa carte de la CCQ. J'ai contacté la commission est on m'a d'abord expliqué qu'il était impossible de l'intégrer au bassin de travailleurs de la région. Ça n'a aucun sens. »

La CCQ veut collaborer

M. Westeinde est actuellement en négociation avec la CCQ pour faire tomber cet obstacle administratif et créer une zone administrative spéciale pour les Algonquins sur son chantier, à l'image de ce qui a été fait pour les travailleurs cris dans le Nord-du-Québec. Une firme de Kitigan Zibi, Decontie Construction, a été embauchée par Windmill pour recruter et embaucher une main-d'oeuvre algonquine pour exécuter des travaux sur le site.

Le directeur des communications de la CCQ, Simon-Pierre Pouliot, confirme qu'une rencontre est prévue avec la compagnie Windmill au courant de la semaine prochaine pour discuter du dossier.

« Nous allons analyser avec M. Westeinde les demandes de l'entreprise et nous allons l'accompagner pour trouver avec lui une façon d'accueillir sur ce chantier des travailleurs autochtones. Son projet est très louable et nous ne sommes pas du tout fermés à des discussions pour développer des mesures administratives particulières », affirme le porte-parole.

M. Pouliot reconnaît que la tâche pourrait être ardue puisque le site est à cheval sur deux juridictions, ontarienne et québécoise, et que ce type de demande particulière provient habituellement de l'État.

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