Un joueur compulsif «lavé» par sa maladie

Gilles Lemieux dort dans sa camionnette stationnée devant... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Gilles Lemieux dort dans sa camionnette stationnée devant son ancienne résidence, depuis lundi dernier.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Les revenus à la baisse chez Loto-Québec n'émeuvent pas Gilles Lemieux, un joueur compulsif qui vient de perdre sa maison, à Gatineau.

Il sait très bien, en revanche, que le public ne versera pas plus une larme en pensant à lui. Gilles Lemieux a couru à sa perte et il le sait.

Le Gatinois de 56 ans veut néanmoins dire son mot sur l'accessibilité aux machines à sous dans son quartier. «Il y a au moins cinq places à 10 minutes de marche, dit-il. Même à la pizzeria, là-bas. Qu'est-ce que ça fait dans une pizzeria, une machine à sous?»

Depuis lundi dernier, le quinquagénaire dort dans sa camionnette stationnée devant son ancienne résidence. Il loue une chambre de motel à l'occasion.

N'ayant plus rien à perdre, il a contacté LeDroit lorsqu'il a lu dans le journal que Loto-Québec «cherchait des solutions» pour se sortir la tête de l'eau et retrouver sa rentabilité d'antan. La société d'État a choisi de comprimer ses dépenses de 41 millions, ou 4,1%.

«Il est trop tard pour moi, mais tout ce que je veux dire, c'est que tout ça est trop accessible. Les machines, ça devrait être juste dans les maisons de jeu. Ça se trouve à tous les coins de rue. Comme les compagnies de bière, Loto-Québec ne montre jamais du monde tout seul dans leur misère, après une mauvaise journée, dans leurs publicités.»

La banque, après plusieurs appels, a saisi sa maison. Sa conjointe des 14 dernières années a été mise à la porte par sa faute.

Il y a trois semaines, M. Lemieux a songé au suicide. Il a appelé à l'aide et tenté de sauver la mise pour les biens de sa femme. «Elle ne savait pas que la maison était perdue. Je ne sais pas de quelle solution Loto-Québec parle, mais moi, de lire ça, ça me met en maudit.»

Lorsque Gilles Lemieux et son groupe de dix personnes ont gagné deux millions de dollars, en 2008, il a fait aménager sa maison pour que sa conjointe à mobilité réduite puisse y vivre. «Ce n'est pas le luxe et la grosse vie, que je veux. Je ne sais pas pourquoi je suis comme ça. C'est une maudite maladie, puis j'ai fait une rechute. Il y avait de nouveaux modèles de machines à sous et je suis allé les essayer.»

Ex-prisonnier - il a écopé 15 ans de pénitencier pour homicide en 1999, il sait qu'il n'a pas la sympathie du public. Son nom a largement circulé, à l'époque, après avoir tué sa conjointe. Un entourage d'alcooliques et de joueurs compulsifs a marqué son enfance. Sorti au tiers de sa peine, il a repris un instant sa vie en main et retrouvé une vie conjugale.

Après avoir perdu environ un quart de million de dollars, il croit que la maladie du jeu l'a envahi lorsqu'il avait 20 ans. «Je voulais récupérer une gaffe et faire de l'argent, à la place de continuer l'école et d'avoir une meilleure job plus tard.»

Ldebacher@ledroit.com

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