L'histoire fragmentée de la francophonie

Le vice-doyen à la recherche de l'UQAM et... (Courtoisie)

Agrandir

Le vice-doyen à la recherche de l'UQAM et spécialiste de la francophonie nord-américaine, Joseph Yvon Thériault, est l'une des têtes d'affiche du 84e Congrès des sciences humaines, qui débute samedi à l'Université d'Ottawa.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le vice-doyen à la recherche de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et spécialiste de la francophonie nord-américaine, Joseph Yvon Thériault, est l'une des têtes d'affiche du 84e Congrès des sciences humaines qui débute samedi à l'Université d'Ottawa.

Le conférencier propose d'échanger sur l'histoire de la francophonie nord-américaine (Qu'est devenue l'Amérique française?) dimanche, à 12h15, dans le cadre de la série de conférences Voir grand.

Un pour tous, tous pour un. La devise des mousquetaires invoque que le tout est plus grand que la somme des parties. Si l'union faisait la force dans la francophonie nord-américaine d'autrefois, les dernières décennies ont plutôt été la scène d'un nombrilisme identitaire marqué.

«Depuis les années 1960, nous avons observé l'éclatement de la francophonie. Les Québécois se sont redéfinis autrement que Canadiens-français; les Ontariens se caractérisent comme francophones de l'Ontario ou Franco-Ontariens. Idem pour les Franco-Manitobains et les Fransaskois», explique M. Thériault.

Les étapes de la présence francophone

L'universitaire indique que les quelque 400 ans de présence francophone sur le continent se divisent en trois étapes distinctes.

D'abord, le «projet de l'Amérique française» jusqu'en 1760.

«La moitié de l'Amérique du Nord est alors française», dit-il, rappelant que les régions du Mississippi, de la Louisiane et du Midwest américain regorgeaient de francophones. «D'ailleurs, il y est resté une toponymie importante. À ce jour, l'ensemble des noms est plus francophone qu'en Acadie ou en Ontario français», dit-il.

Viens ensuite la période plus «territorialiste» de l'Amérique française qui s'étend jusque dans les années 1960.

«On se retire dans des châteaux forts de la francophonie. [...] C'est l'âge d'or de la francophonie, car elle est en expansion.»

Trois grandes terres d'accueil voient ainsi le jour: le Québec, l'Acadie et la Louisiane. «Il s'agit des trois pôles de l'Amérique française.»

Entre 1840 et 1920, environ un million de francophones émigre aux États-Unis, notamment en Nouvelle-Angleterre.

Au fil des ans, la communauté franco-américaine s'assimile toutefois.

«Il ne conserve qu'une mémoire, une idée de la francophonie, mais pas sa pratique sociale.»

Quant à la dernière étape, l'éclatement des cultures linguistiques, elle est apportée par une quête d'aller au-delà de son identité, souligne M. Thériault. On chérit plutôt le besoin «de faire société», c'est-à-dire de créer ses institutions, sa littérature et ainsi de suite.

«Nous sommes aussi francophones à temps partiel, plus individualiste. Beaucoup n'ont aucune mémoire historique.»

Afin d'éviter l'assimilation des irréductibles de la langue de Molière, éparpillés ici et là et revendicateur selon leur horaire, l'expert de l'UQAM croit qu'il est nécessaire de «revenir à une définition plus globale» de la francophonie, moins axée sur l'identité provinciale par exemple.

«La régionalisation de la francophonie peut la diviser et la rendre incapable de s'organiser socialement, avertit-il. C'est le danger que je vois.»

Le 84e Congrès des sciences humaines en chiffres

8000
universitaires, chercheurs et autres intervenants
75
associations universitaires
2400
événements

Pour y aller

OÙ? Université d'Ottawa, département Sciences sociales (FSS 4007)

QUAND? Dimanche 31 mai, 12h15 à 13h15

RENSEIGNEMENTS: www.congres2015.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer