Rivière des Outaouais: une chance en or (bleu)

«Ce sommet est une étape vers une meilleure... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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«Ce sommet est une étape vers une meilleure gestion intégrée de la rivière», explique Adèle Michon, directrice des opérations au Québec pour Sentinelle Outaouais.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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La rivière des Outaouais est précieuse pour la région de la capitale fédérale. On s'y baigne, y pêche été comme hiver, en plus d'en tirer son eau potable. Or, aucune agence gouvernementale n'a la responsabilité de surveiller son état de santé et d'établir un plan de conservation. Des organismes qui ont la protection de l'eau à coeur sonnent la fin de la récréation.

Les 29 et 30 mai prochains, le Hilton Lac-Leamy sera l'hôte du AquaHacking - Sommet de la rivière des Outaouais 2015. Il s'agira du plus important rassemblement d'experts et de décideurs concernés jamais organisé au sujet de la protection de la rivière des Outaouais.

Les maires de Gatineau et d'Ottawa, Maxime Pedneaud-Jobin et Jim Watson, ainsi que les ministres de l'Environnement québécois et ontarien, David Heurtel et Glen Murray, ont confirmé leur présence. Des représentants du gouvernement fédéral seront présents en tant qu'observateurs. Les citoyens sont aussi invités.

Les élus auront la chance de faire montre de « volonté politique », laquelle a fait cruellement défaut par le passé, juge la directrice des opérations au Québec pour Sentinelle Outaouais - le seul organisme qui s'occupe des questions liées à la préservation de la rivière -, Adèle Michon.

« Ce sommet est une étape vers une meilleure gestion intégrée de la rivière », espère-t-elle. Ce qui manque, c'est une volonté politique. Il manque des accords, il manque du financement pour bien gérer cette rivière. »

Des intervenants des milieux touristiques, agricoles, de la faune et de l'énergie seront aussi présents.

Dans un autre volet - le AquaHacking - des équipes de programmeurs présenteront leurs solutions technologiques développées dans les derniers mois (voir autre texte).

Complexité administrative

Le cours d'eau long de 1 271 km trempe ses berges dans deux provinces et traverse 200 municipalités. Cette complexité administrative fait en sorte qu'il existe un certain floue autour de la responsabilité de sa protection et de sa gestion.

Contrairement à la plupart des cours d'eau d'importance, la rivière des Outaouais n'est gérée par aucun organisme de bassin, qui a généralement pour mission de faire la gestion de l'eau.

Mme Michon aimerait qu'enfin les gouvernements s'entendent et prennent leurs responsabilités pour protéger à long terme la rivière, à laquelle s'abreuvent quelque deux millions de personnes.

« Comme la rivière est interprovinciale, ça prendrait un accord spécifique pour faire en sorte que les règlements des deux provinces soient alignés », précise-t-elle.

Une entente permettrait par exemple de dresser une liste commune des espèces à protéger.

« Une espèce qui est en péril dans une province n'aura pas de plan de rétablissement qui sera adéquat tant que les deux provinces ne se parleront pas », explique-t-elle.

Cette dernière s'inquiète de l'absence d'un organisme centralisé qui gère la rivière des Outaouais. Le risque est infime, mais en cas de catastrophe écologique dans le nord du bassin-versant, l'eau contaminée mettrait quelques jours seulement avant d'atteindre la région d'Ottawa-Gatineau, sans que personne ne tire la sonnette d'alarme. « Il y a plusieurs projets miniers dans le Nord. On a des laboratoires nucléaires et des usines de pâtes et papier, et on n'a aucune idée de l'accumulation de la pollution », explique-t-elle. Il faut s'assurer qu'il y a un mécanisme pour avertir les communautés en aval. »

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