Neuf fois maman

Véronique Bergeron, son conjoint Paul de Grandpré et... (Courtoisie)

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Véronique Bergeron, son conjoint Paul de Grandpré et leurs neuf enfants.

Courtoisie

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Véronique Bergeron a passé environ six ans de sa vie enceinte. Sa plus vieille a 19 ans, le plus jeune a un an. Entre les deux, il y en a eu sept autres. Depuis septembre dernier, elle fait l'école à la maison. Portrait de la vie d'une mère qui est tout, sauf conventionnelle.

À l'arrivée du Droit dans la maison familiale de Middleville, au sud-ouest d'Ottawa, c'est l'heure de la collation de l'avant-midi pour les plus jeunes. Au menu: de la compote de pommes, ou encore du gruau, préparé la veille... à la mijoteuse.

Entre deux interventions auprès des enfants, Véronique Bergeron parle de son quotidien, chargé du matin au soir. En fait, les nuits aussi sont chargées pour cette maman qui a allaité tous ses bébés. Le petit dernier ne fait pas encore ses nuits. «Damien dort dans son berceau dans notre chambre, parce que je n'ai pas l'énergie pour me lever et aller virer dans une autre chambre, explique la maman. Il se réveille encore une ou deux fois par nuit. Et Ève et Lucas (les jumeaux de trois ans) viennent dans notre chambre vers 3 h ou 4 h du matin, et se couchent sur des matelas qu'on a mis à côté du lit.»

Le matin venu, le café est de mise. «On en boirait à peu près 18 tasses par jour, mais on essaye de s'en tenir à une tasse ou deux. Avant, on buvait tellement de café, ça n'avait plus de bon sens, on ne dormait plus la nuit!»

Plus jeune, Véronique avait toujours eu l'idée d'avoir cinq enfants. «Mais on y est vraiment allés un enfant à la fois, à part pour les jumeaux bien sûr. Mes quatre premiers sont nés à l'intérieur de six ans, et après, on trouvait vraiment qu'on avait atteint notre maximum. Quand tu as quatre petits en bas de six ans, c'est intense, tu ne vois pas le bout.»

Une fois les premiers rendus plus grands, l'envie d'un cinquième est apparue. «Quand tu en as cinq, là, tu es en mode grande famille, tu commences à rencontrer d'autres grandes familles, ça devient plus ton quotidien. Je pense que chaque enfant après David (5e), on pensait que c'était le dernier. [...] Damien est le neuvième, et c'est la première fois qu'on a atteint une vitesse de croisière qui fait que quand il est né, on le savait tout de suite qu'il ne serait pas le dernier.»

Beaucoup d'organisation

Malgré tout l'amour qu'ils éprouvent pour leur marmaille, Véronique Bergeron et son conjoint, Paul de Grandpré, ont «chaque jour» un petit moment où ils se sentent dépassés par l'ampleur de la tâche. «Quand Paul peut travailler de la maison, il m'aide avec le déjeuner, m'aide avec la cuisine et amène les enfants jouer dehors, donc j'ai le temps de prendre ma douche», raconte la maman. D'autres matins, la douche attend en fin de matinée.

L'apport des adolescents est non négligeable dans la maisonnée. Ils sont très autonomes et s'occupent beaucoup des plus petits. Si papa et maman n'ont pas les yeux sur le bébé qui se promène à quatre pattes, ils peuvent être certains qu'un des grands veille sur lui. «Le bébé est très populaire, lance Véronique. Avoir un bébé avec des ados, je le recommande, ça aide beaucoup à diffuser la mauvaise humeur.»

Même si l'aide des plus vieux est plus que bienvenue, il n'en demeure pas moins que les tâches se succèdent pour les parents. Chaque jour, les deux lave-vaisselle fonctionnent. Véronique fait «au moins» trois brassées de lavage sur une base quotidienne, sans compter les ados qui font leur propre lavage avec des électroménagers installés pour eux au sous-sol. Le sourire éclatant de la maman révèle cependant qu'à travers toute cette charge de travail, le bonheur est au rendez-vous.

La famille de Grandpré

  • Les parents: Véronique Bergeron et Paul de Grandpré
  • Clara, 19 ans
  • Colin, 17 ans
  • Éloïse, 15 ans
  • Marie, 13 ans
  • David, 9 ans
  • Sarah, 6 ans
  • Ève et Lucas, 3 ans
  • Damien, 1 an

Maman... et enseignante

Depuis septembre dernier, Véronique Bergeron fait l'école à la maison.

L'aînée de la famille, Clara, est à l'université, tandis que le grand de 17 ans, Colin, termine sa dernière année du secondaire là où il étudiait avant que la famille troque les bancs d'école pour les chaises de cuisine. Il faut donc enseigner à quatre enfants, tout en s'occupant des jumeaux de trois ans et du bébé.

Dans le cas de la famille de Grandpré, le choix s'est imposé. Ayant quitté le seecteur Orléans pour s'établir à la campagne au sud-ouest d'Ottawa, l'école francophone la plus près se trouve maintenant à 45 kilomètres de la maison. «L'école à la maison, c'est vraiment difficile», admet la maman. Alors que s'achève sa première année d'expérience comme maman-enseignante, Véronique Bergeron affirme qu'elle a dû suivre une «courbe d'apprentissage». «C'est raide, parce que les grands ne sont pas habitués à ce que ce soit maman le professeur, et les petits ne sont pas habitués à ce que maman doive s'occuper des grands pendant la journée. C'est tout un nouveau rythme à gérer.»

Pour certains enfants, le concept de l'école à la maison était idéal. C'est le cas pour David, qui a besoin de bouger beaucoup. Il peut donc partager son temps plus aisément entre les travaux scolaires et les jeux à l'extérieur. Pour Éloïse, plus extravertie, la transition a été «plus difficile», mais elle commence à s'y faire.

«Les jeunes ne sont pas habitués à être responsables de leur apprentissage, souligne la mère. Si par exemple un jumeau fait pipi par terre et que je pars pour faire un lavage, je reviens et ils sont sur le iPod et disent qu'ils n'avaient plus de travail. Mais ils auraient pu aller chercher leurs manuels.»

«C'est vraiment un travail d'équipe»

«Ta famille grandit graduellement, donc ton temps de couple et ton temps à toi rapetissent aussi graduellement, souligne Véronique Bergeron. Si on m'avait dit, quand j'avais deux enfants, à quoi ressembleraient mon temps de couple et mon temps personnel en 2015, j'aurais dit "Oublie ça!" et je serais partie en courant, ça m'aurait vraiment fait peur.»

Même s'ils ont neuf enfants, Véronique et son conjoint réussissent à se trouver un petit trou dans leur horaire pour passer du temps ensemble, juste tous les deux. Les plus vieux peuvent garder les plus petits, ce qui facilite le tout. «On ne part pas pour des week-ends d'amoureux, mais si Paul ne travaille pas un vendredi, souvent on va coucher Damien pour sa sieste, les plus grands sont là, donc on peut aller dîner ensemble et on revient vers 15h.»

Véronique et Paul forment bien sûr un couple, mais aussi une «équipe» au sein de laquelle chacun s'implique pour prendre soin des enfants. «Je connais des gens qui ont des structures familiales beaucoup plus traditionnelles, où le papa travaille et la maman fait tout le reste et qui ont une grosse famille, souligne Véronique. Moi, personnellement, je ne serais pas capable de faire ce que je fais si je n'avais pas Paul avec moi à mes côtés. Il est super impliqué, il travaille de la maison aussi souvent qu'il le peut. [...] C'est vraiment un travail d'équipe, je ne serais pas capable de le faire si je n'avais pas un partenaire comme lui.»

Préparer 33 repas par jour

Dans la cuisine, Véronique Bergeron et son conjoint fonctionnent avec deux poêles, deux lave-vaisselle, un grand réfrigérateur et un grand congélateur.

«Tu as 11 personnes à nourrir, trois fois par jour, plus les collations, alors ça demande beaucoup de logistique, note la maman. Les enfants sont beaucoup affectés par le sucre et la cochonnerie, donc j'ai tendance à faire pas mal tout moi-même, je n'achète pas de choses toutes préparées. On fait notre épicerie normale chez Costco à peu près toutes les semaines. Les paquets de poulet que tout le monde achète pour en congeler, ici, ça passe en un repas. Ça demande beaucoup d'organisation, et ça va et ça vient. En ce moment, je suis dans une période où je n'ai pas de menus, je n'ai pas de liste et mon budget d'épicerie est hors de contrôle. Je me lève le matin et je ne sais pas ce qu'on va manger le soir.»

Pas facile non plus de satisfaire à tous les goûts au sein d'une si grosse famille. «Quand tu essayes de faire un repas qui plaît à 11 personnes, tu fais un repas simple. Tu ne vas pas commencer à faire une moussaka, parce qu'il y a sûrement neuf personnes sur 11 qui ne vont pas en manger et qui vont être de mauvaise humeur.»

Les repas simples comme du poulet accompagné de légumes, le spaghetti ou le pâté chinois sont donc la norme, indique Véronique. «Ce n'est pas vrai, tu ne fais jamais de pâté chinois», lance une des ados pendant l'entrevue. «C'est vrai, je n'en fais pas, je hais ça peler des patates, lance la mère en riant. Il faudrait que j'en pèle dix livres.»

Chaque sou est dépensé

Avec une grosse famille, «côté financier, tu fais ce que tu peux avec ce que tu as», affirme Véronique Bergeron.

«Même si tu fais de l'argent, avec 9 enfants, tu le dépenses tout. Est-ce qu'on pourrait réussir à faire ce qu'on fait avec moins? Certainement, il y a bien du monde qui le fait. [...] Il y a différentes options, mais c'est sûr qu'avec autant de personnes à charge, tu vas dépenser ta dernière cenne.»

Ancienne adjointe auprès d'un député sur la colline parlementaire, elle a laissé son emploi entre ses deux dernières grossesses. «Ça ne marchait plus, c'était trop de stress, et l'argent n'en valait pas la peine quand tu as des jumeaux à faire garder.»

Son conjoint, Paul, est consultant à son compte.

Véronique n'exclut pas la possibilité d'essayer de gagner un peu d'argent grâce à son passe-temps, l'écriture. Son blogue bilingue, viedecirque.com, a un lectorat stable. «Ça commence à prendre de l'ampleur, donc mon but, cette année, c'est d'essayer de rentabiliser le temps que j'y passe.»

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