Des fouilles archéologiques font revivre Bytown

Quand des travaux d'excavation ont débuté près de... (Archives, Bloomberg)

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Quand des travaux d'excavation ont débuté près de l'Édifice du Centre, les ouvriers ont trouvé des preuves de la première incarnation d'Ottawa. Des archéologues armés de petites truelles sont venus à la rescousse.

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Jennifer Ditchburn
La Presse Canadienne

Les débats passionnés des parlementaires mettent parfois le feu aux poudres à la Chambre des communes. Qui sait si les fantômes du passé n'en sont pas la cause?

Des fouilles archéologiques à l'extérieur des principaux immeubles de la Colline du Parlement ont permis de retrouver des dizaines de milliers d'objet datant du début du XIXe siècle.

Ces objets nous racontent une histoire qui est antérieure à John A. Macdonald, antérieure aux députés et aux sénateurs. Ils nous parlent d'une époque où Ottawa ne portait même pas encore son nom.

En 1827, le secteur que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de la Colline du Parlement s'appelait Barrack Hill. Le Corps des ingénieurs royaux s'y était installé alors qu'il construisait le canal Rideau. Les travaux étaient supervisés par le lieutenant-colonel John By qui donnera son nom à la ville. Bytown deviendra plus tard Ottawa. Une garnison y résidait jusqu'en 1858 lorsque la reine Victoria choisit l'endroit pour devenir la capitale du Canada-Uni.

Quand des travaux d'excavation ont débuté près de l'Édifice du Centre, les ouvriers ont trouvé des preuves de la première incarnation d'Ottawa. Des archéologues armés de petites truelles sont venus à la rescousse.

Près du stationnement du Sénat, les archéologues ont découvert les fondations d'une poudrière. On croit qu'une grande partie de cette base de calcaire est encore intacte sous la statue d'Elizabeth II.

De l'autre côté, au nord de l'Édifice de l'Ouest, ils ont trouvé quelque chose d'encore plus significatif: le dépotoir du quartier des officiers. Ce genre de découverte peut en dire long sur la vie quotidienne d'un secteur donné.

Nadine Kopp, une archéologue du Groupe Patterson, a supervisé les fouilles pour le compte du ministère des Travaux publics. Le regard allumé, elle circule parmi des sacs de plastique remplis de morceaux d'arme, de bouteilles, des fragments de poterie et d'autres trésors.

«On ne s'attendait vraiment pas à trouver un site militaire au centre-ville d'Ottawa. Il est intéressant qu'on ait pu retrouver ces objets malgré tous les travaux de construction qui ont transformé la colline depuis 1859, affirme Mme Kopp. C'est merveilleux que ce site soit encore là et que ces objets ait pu être préservés.»

Jusqu'à présent les archéologues ont trouvé une bouteille d'opium intacte. Les gens s'en servaient pour soigner les douleurs et certains maladies comme le choléra. Ils ont aussi déniché deux médailles catholiques, ce qui est plutôt inattendu puisque la grande majorité des officiers britanniques étaient protestants. Ils ont aussi découvert des pipes, dont l'une était gravé d'un castor et d'un coureur de bois, des peignes, une brosse à dents, des fragments de poterie et de porcelaine provenant de l'Angleterre.

Les archéologues ont aussi déterré une bouteille de sauce Worcestershire intacte et un pot de moutarde.

«Quand on pense à Bytown, on pense à une zone marécageuse. Il est intéressant de constater que les officiers vivaient comme des gentlemen», dit Mme Kopp.

Des gentlemen certes, mais peut-être pas des anges.

On a retrouvé des preuves que l'on buvait beaucoup: bouteilles de vin, bouteilles de bière, bouteilles de champagne, des verres et gobelets.

«Les officiers buvaient beaucoup, raconte Mme Kopp. Cela fait partie de leur rite. Ils avaient cet avantage sur les hommes de troupe car ces derniers n'avaient pas le droit de boire de l'alcool.»

Les quartiers des officiers sont devenus des bureaux gouvernementaux après la Confédération de 1867. Ils ont été brûlés en 1874.

Le ministère des Travaux publics a indiqué que les objets retrouvés seraient confiés à des musées canadiens.

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