Les nids-de-poule sont de retour

«Seulement» 34174 trous ont été comblés en date... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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«Seulement» 34174 trous ont été comblés en date du 26 mars. Le nombre peut paraître énorme, mais à pareille date l'an dernier, la Ville d'Ottawa avait dû en boucher 80000.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Le froid glacial et constant - interminable, diront certains - aura donné un répit aux escouades anti-nids-de-poule des villes d'Ottawa et de Gatineau depuis le début de l'hiver.

«Il a fait beaucoup plus froid cet hiver que le dernier. Le mois de février a été le plus froid en 100 ans dans la région. La conséquence d'une telle température est qu'il y a eu beaucoup moins de périodes de gel et de dégel, qui sont la source première de la création de nids-de-poule», explique Luc Gagné, gestionnaire de l'entretien des routes pour la Ville d'Ottawa.

En 2015, seulement trois incidents de gel-dégel ont été observés à Ottawa. On en a vu 14 lors de l'hiver précédent.

Ainsi, «seulement» 34174 trous ont été comblés en date du 26 mars. Le nombre peut paraître énorme, mais à pareille date l'an dernier, la Ville d'Ottawa avait dû en boucher 80000. Au bout du compte, les 18 équipes du département des travaux publics ont rempli 241395 crevasses, un record.

«On peut dire que cet hiver a été avantageux pour nous de ce côté», commente M. Gagné en parlant de l'éternelle défectuosité routière.

Du côté gatinois, les autorités municipales ne comptabilisent pas ces données. «Je ne suis pas en mesure d'expliquer pourquoi, a répondu Nancy Villeneuve, du service des communications de la municipalité. Une équipe peut toutefois combler 60 à 80 nids-de-poule par jour en période de grand dégel, ou environ 500 par semaine.»

Gatineau recueille cependant le nombre de requêtes logées au centre d'appels 3-1-1 pour avertir de la présence d'une cavité dans une route. À ce chapitre, les signalements sont également en chute. En date du 24 mars, 363 requêtes avaient été enregistrées depuis le jour de l'An. En 2014, environ 2000 personnes avaient appelé au cours des quatre premiers mois de l'année. Idem en 2013.

À Ottawa, le nombre a lui aussi chuté considérablement pour une pareille époque depuis un an, de 4200 à 1450.

La fin du répit hivernal

L'éveil du printemps - et de ses cycles de dégel - annonce cependant le début de la période plus propice aux déformations de l'asphalte.

«C'est le moment de l'année où nous sommes très sollicités», avoue David White, du département des services juridiques de la Ville d'Ottawa.

Bon an mal an, environ 400 réclamations sont formulées à la Ville chaque année à la suite d'incidents causés par des nids-de-poule. Encore une fois, les chiffres sont à la baisse en 2015. Seulement une quarantaine de demandes de dédommagements ont été déposées.

La Loi de 2001 sur les municipalités de l'Ontario énonce les règles que doivent suivre les villes afin de prévenir les dommages donnant lieu à ces requêtes. En vertu de ces normes provinciales, Ottawa doit réparer les nids-de-poule dans un délai variant entre quatre et 30 jours, selon sa taille et son emplacement. Cette obligation n'est exécutoire qu'à partir du moment où celle-ci est avisée du problème.

«Ainsi, si vous êtes le premier à signaler un nid-de-poule, vous manquez fort probablement de chance. C'est un peu pour cette raison que si peu de gens réussissent à obtenir un dédommagement de la Ville», soutient M. White.

À cet effet, seulement une quinzaine de plaintes se concluent annuellement par un dédommagement à Ottawa.

À Gatineau, seulement 100 automobilistes sur quelque 1114 plaignants ont été capables de démontrer, entre 2007 et 2013, que le bris à leur véhicule a été causé par une négligence de la Ville.

- Avec Julien Paquette

Une expression aux origines floues

Pourquoi ne parle-t-on pas de nid d'autruche ou pigeon? Ou encore trou de route, de cavité municipale ou de fosse routière. Il est grand, le mystère du mot «nid-de-poule».

Une réponse «non scientifique» a été avancée par une professeure de linguistique à l'Université d'Ottawa, qui ne connaissait guère cette expression avant son arrivée dans la région. «On m'a expliqué qu'on utilisait cette expression puisque les trous ressemblent aux trous creusés par les poules, non pas pour pondre leurs oeufs, mais pour s'y rouler», a lancé en guise d'hypothèse Sylvie Lamoureux.

La quête pour trouver la signification de l'expression continue...

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Ville de Gatineau

De la fissure au col bleu: le cycle de vie d'un nid-de-poule

1 - La fissure: La cause première des nids-de-poule est la présence de fissures dans l'asphalte.

2 - L'eau: Les fissures permettent à l'eau de s'infiltrer sous la chaussée, entre l'asphalte et la fondation de celle-ci.

3 - Le gel: L'hiver, l'eau infiltrée gèle. Son volume augmente, exerçant ainsi une pression vers le haut et causant un gonflement de l'asphalte.

4 - Le dégel: Le véritable problème arrive lors du dégel. La glace fond et l'eau reprend son volume normal en laissant un vide. La route devient alors moins résistante au poids des véhicules.

5 - La circulation: La circulation et le poids des véhicules affaiblissent la route aux endroits où il y a eu infiltration d'eau.

6 - Le nid-de-poule: Le nid-de-poule est le résultat de la combinaison, en tout ou en partie, des éléments suivants: fissure, eau, gel, dégel et circulation.

7 - La réparation: De l'asphalte - chaud ou froid, selon la réparation, les conditions météo et les saisons - est utilisé. L'asphalte chaud permet des réparations plus durables.

Source: Ville de Gatineau

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