Le «Raftsman» s'éteint à 85 ans

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Bernard Pelletier, lors de la célébration de son 85e anniversaire.

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Le fondateur de la brasserie Les Raftsmen, véritable institution dans la région et à travers la province de 1969 jusqu'à sa fermeture en 2004, n'est plus. Affaibli par des difficultés motrices et langagières depuis quelques années, Bernard Pelletier a succombé mardi à un accident vasculaire cérébral.

L'ancien propriétaire de ce commerce longtemps considéré comme un lieu de rencontre incontournable a vécu les derniers moments de sa vie au Foyer du Bonheur, où il a poussé son dernier souffle à l'âge de 85 ans.

«Il était un bon vivant et un père formidable. C'est certain que c'est un grand deuil à faire pour nous, mais en même temps, c'est un soulagement de le voir nous quitter. Il avait fait un AVC il y a une dizaine d'années et depuis, son état allait en se dégradant peu à peu, surtout dans la dernière année. Il avait de la misère à se déplacer, c'était l'enfer», a confié son fils Luc.

Il précise non sans fierté que malgré sa santé chancelante, son père tenait mordicus à lire « son » journal LeDroit tous les jours sans exception. «Il a été abonné toute sa vie, je suis allé mettre un terme à ça [hier]», dit-il.

L'ex-courtier en assurances et promoteur du défunt Festival des Raftsmen de Hull a consacré trois décennies de son existence à la brasserie située au 60, boulevard Saint-Raymond, où plusieurs des grands chansonniers du Québec ont défilé.

Il a vendu son entreprise à son fils et à l'homme d'affaires Daniel Thibault en 1999, mais ils ont dû se résoudre cinq ans plus tard à mettre la clé dans la porte. À l'heure actuelle, l'immeuble abrite le resto-bar Le Quai Saint-Raymond et l'école de danse Cyr.

«Ç'a été les plus belles années de sa vie, il parlait souvent des années de gloire que la brasserie a connues», dit Luc Pelletier.

Son fils ose croire que ce type de commerce a encore un avenir malgré le contexte économique plus difficile et les moeurs qui ont changé. «L'atmosphère qu'on retrouvait aux Raftsmen, on ne l'a plus dans les bars de nos jours. À l'époque, le bar était plein autant la semaine que les week-ends et le coût d'admission était de 2 $. Aujourd'hui, ça peut être jusqu'à 7 ou 10 $ et il n'y a pas de spectacle. Il faut des nerfs d'acier pour lancer ce genre d'entreprise», affirme-t-il.

Une vie teintée de bonheur

Signe que la vie de son père a été teintée de bonheur, Luc Pelletier a souligné son décès de façon originale dans sa chambre du Foyer du Bonheur.

«Il portait toujours un chapeau de capitaine blanc sur sa tête, alors on lui a mis, en plus de l'entourer de photos de famille. Ensuite, on a fait jouer la chanson Je reviens chez nous parce qu'il veut que ses cendres soient répandues à son chalet qu'il avait acheté dans les années 1940. Il serait fier de savoir qu'on n'a pas salué son départ de manière morbide», poursuit-il.

L'octogénaire laisse dans le deuil ses deux fils, deux petites-filles, un frère et plusieurs neveux et nièces. Sa première épouse, Paulette, est décédée en mai 2013.

Ses obsèques auront lieu en l'église St-René-Goupil, le 7 avril, à 14 h.

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