Un autiste perd son droit de vote

Christophe Lorange a reçu une lettre plus tôt... (Martin Roy, LeDroit)

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Christophe Lorange a reçu une lettre plus tôt ce mois-ci l'informant qu'il ne pouvait plus exercer son droit de vote.

Martin Roy, LeDroit

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Pendant 19 ans, Christophe Lorange a pu exercer son droit de vote, malgré son autisme. Ce ne sera plus le cas, ce droit lui a été retiré plus tôt ce mois-ci.

Une lettre datée du 16 mars a été envoyée par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) à sa mère, Francine Lorange. Un avis de radiation l'informant qu'il ne «possède plus la qualité d'électeur».

Sous le choc, Mme Lorange soutient avoir téléphoné au DGEQ pour comprendre les raisons de la radiation de la liste électorale de son fils. On l'a alors informé que le droit de vote était retiré à Christophe puisqu'il est sous une curatelle.

La Loi électorale du Québec est claire sur la question. «Possède la qualité d'électeur, toute personne qui: a 18 ans accomplis; est de citoyenneté canadienne; est domiciliée au Québec depuis six mois; n'est pas en curatelle.»

Or, selon Francine Lorange, son fils est sous curatelle depuis ses 18 ans et a toujours eu le droit de voter malgré tout. Elle affirme s'être informée lorsqu'il est devenu majeur et, à l'époque, on lui a indiqué qu'il pouvait voter s'il était accompagné.

«Il a eu le droit de voter pendant 19 ans. Tout d'un coup, parce qu'il a une curatelle, on me dit qu'il n'a plus le droit de voter», dénonce la mère.

Mme Lorange estime qu'il est injuste de lui retirer le droit de vote après tout ce temps, même s'il n'aurait pas dû voter dès le départ. Elle soutient que son fils retire une grande fierté d'exprimer son droit de vote et que des exceptions devraient être permises à l'article de la loi.

«J'allais avec lui. S'il ne comprenait pas quelque chose sur le bulletin de vote, j'étais là. Mais je n'ai jamais eu à intervenir. [...] Je suis convaincue que des gens vont voter et qu'ils ne comprennent pas mieux que lui», ironise Francine Lorange, ex-commissaire scolaire.

La mère entend entreprendre des démarches pour renverser la décision. Un travailleur social qui côtoie fréquemment Christophe a d'ailleurs écrit au DGEQ pour témoigner de la capacité de l'homme de 39 ans à comprendre les enjeux.

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