Début timide pour le temps des sucres

Actuellement, la sève coule lentement, mais le débit... (Martin Brunette, LeDroit)

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Actuellement, la sève coule lentement, mais le débit devrait augmenter durant les prochains jours, espère le propriétaire de la Ferme Proulx et Érablière de Cumberland, François Proulx.

Martin Brunette, LeDroit

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Les acériculteurs de l'Outaouais et de l'Est ontarien font encore les frais de dame Nature, alors que la récolte de sirop d'érable risque une fois de plus de tarder en raison du froid qui s'accroche. Un autre pépin se pointe cependant à l'horizon en cette saison des sucres: la clientèle tarde à envahir les pourtours des tables des cabanes à sucre.

«Nous avons un mois de fait et on voit vraiment que ça tarde. Probablement qu'on va avoir un mois d'avril très achalandé avec Pâques et les prochaines fins de semaine. Mais si je compare avec l'année passée, on a peut-être 25% de moins de clientèle à pareille date», lance Line Brazeau, copropriétaire de la Cabane à sucre Brazeau, une institution familiale qui dure depuis 55 ans à Papineauville.

À l'instar d'autres érablières de l'Outaouais qui ouvrent leurs portes à cette période de l'année, la Cabane à sucre Brazeau a de la difficulté à rencontrer ses cibles de clientèle, cette année. Mme Brazeau blâme l'hiver particulièrement froid qui s'est éternisé pour expliquer cette baisse. «Quand il fait froid, les gens ne sortent pas», observe-t-elle.

À la Cabane à sucre Chez Ti-Mousse, toujours à Papineauville, le constat est sensiblement le même. L'endroit accuse un retard sur son achalandage d'environ 35%, selon le propriétaire, Rémi, alias «Ti-Mousse».

Même si ce dernier anticipe un mois d'avril plus occupé, le mal est déjà fait. «Ce qui est déplorable, malheureusement, c'est que tous les gens vont se garrocher en même temps en avril et on ne pourra pas servir tout le monde. On va devoir refuser des personnes.»

Production tardive

Comme toute production agricole, la récolte de la sève d'érable est tributaire des aléas de la météo. La température doit idéalement osciller entre 7 et 10 degrés Celsius le jour et en deçà du point de congélation la nuit. Les producteurs contactés par LeDroit disent avoir enregistré des premières coulées très minimes, cette semaine.

«Actuellement, nous sommes au ralenti parce qu'il fait un peu trop froid. Mais on a eu quelques bonnes journées où la sève a coulé. Dans la prochaine semaine, on nous annonce de la belle température. Donc ça devrait partir très bientôt», constate le propriétaire de la Ferme Proulx et Érablière de Cumberland, François Proulx.

La Ferme Proulx compte sur l'apport d'un millier d'érables, ce qui représente quelque 2000 chaudières. Cette année, les entailles ont été effectuées dès la première semaine de mars. En date du 24 mars, environ 200 litres de sève ont été récoltés, soit environ 10% de la production annuelle moyenne qui frise les 2000 litres.

«C'est un peu tard, observe M. Proulx. Mais les années ne se ressemblent jamais».

Selon les prévisions météorologiques des prochaines semaines, la température demeurera près du point de congélation, au grand bonheur de l'acériculteur d'Ottawa. «On se croise les doigts.»

De l'autre côté de la rivière des Outaouais, la porte-parole de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ), Caroline Cyr, affiche le même optimisme.

Les premières coulées d'eau d'érable avaient commencé au début avril en 2014, ce qui représentait pour plusieurs un retard record pour une première cueillette. Pourtant, les 15 entreprises acéricoles ont produit 513867livres de sirop d'érable, l'an dernier, par l'entremise des quelque 204800 entailles répertoriées sur le territoire. Les prochaines semaines seront déterminantes.

«C'était très tard aussi en 2014, mais la récolte s'est avérée très bonne à cause d'un mois d'avril qui était plus frais qu'à la normal, ce qui a favorisé la production acéricole. On a terminé dans l'ensemble du Québec avec la deuxième meilleure production à vie», relate Mme Cyr.

Les gens qui désirent se sucrer le bec n'ont cependant pas à attendre l'arrivée du beau temps. Plusieurs choix de cabanes à sucre s'offrent aux personnes ayant une dent sucrée, tant dans l'Est ontarien que dans l'Outaouais.

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