Quand la dyslexie n'est pas un obstacle

Émile Roy a lancé son livre L'enfant-loup, hier....

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Émile Roy a lancé son livre L'enfant-loup, hier.

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Le jeune Gatinois Émile Roy avait congé de devoirs hier soir. De quoi le faire sourire, et pour cause. Du haut de ses 12 ans seulement, il s'est adressé à une foule de 200 personnes et a signé des dédicaces. Preuve que rien n'est impossible à force de persévérance, l'adolescent dyslexique-dysorthographique a réussi le défi que lui avait lancé son orthophoniste: celui de rédiger un roman.

Très conscient des difficultés que peuvent lui causer une matière comme le français, la fierté est palpable sur le visage de l'élève de l'école secondaire du Versant quand on lui parle de L'enfant-loup, son ouvrage de 26 pages lancé hier à la Maison de la culture. Le livre, inspiré de son pur imaginaire et illustré par sa soeur Sophie-Anne, raconte l'histoire d'un enfant qui naît avec une meute de loups et qui peu à peu, découvre la civilisation.

Les projecteurs étaient tournés vers le jeune adolescent en marge de la 6e Dégustation chocolatée, la plus importante activité de financement de l'Association québécoise des troubles d'apprentissage (AQETA) - section Outaouais.

«Je suis très content de l'avoir fait, ça m'a pris un an pour écrire les huit chapitres. [...] Dans le fond, pour moi, les mots sont une suite de lettres illogiques, alors j'ai de la misère à les comprendre ou à les apprendre. En rédigeant mon livre, j'avais donc recours à mon logiciel de correction sur l'ordinateur, mais en même temps, si je n'avais pas écrit le bon mot, il ne pouvait pas m'aider. J'ai dû me relire plusieurs fois», raconte celui qui se dit passionné des sciences.

Dépendant de l'ampleur de la tâche, Émile, qui bénéficie d'un support de professionnels à l'école, peut mettre jusqu'à trois fois plus de temps qu'un autre élève de son âge pour compléter un devoir. La ténacité étant l'une de ses qualités, il n'abandonne cependant jamais et il rappelle qu'un trouble d'apprentissage comme le sien n'est pas une maladie, mais bien une façon différente de fonctionner pour le cerveau.

«Des enfants comme lui, c'est important qu'ils aient le support nécessaire, car sans cela, c'est comme de nager à contre-courant. [...] Émile a récemment participé à une conférence et il fallait voir les yeux des parents assis devant lui. Réussir ce qu'il a fait, ça démontre qu'il y a de l'espoir. C'est rendre l'impossible possible», confie sa mère Sarah.

Financement difficile

En proie à des difficultés financières parce que sa subvention provenant de Centraide a chuté de près de 12% et alors que la fin de l'année financière approche, l'AQETA-Outaouais misait gros sur son événement d'hier soir. Si l'on ajoute l'annulation de deux autres activités, le manque à gagner était de 22000$. L'an passé, l'organisme avait même dû mettre une croix sur deux des six camps de répit dans l'espoir de renflouer ses coffres.

Au bout du compte, le directeur général Paul Morin a pu pousser un soupir de soulagement car l'objectif de 10000$ a été surpassé. Non seulement 11000$ ont été amassés, mais l'un des commanditaires (Banque Alterna) a versé un montant de 6450$.

Au Québec seulement, environ 800000 personnes ont des troubles d'apprentissage.

Dleblanc@ledroit.com

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