S'accomplir sur scène malgré sa différence

Des dizaines d'artistes d'un jour, soit des personnes... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Des dizaines d'artistes d'un jour, soit des personnes qui doivent composer avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre autistique (TSA), étaient en vedette dans le spectacle de l'APICO.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Les chorégraphies n'étaient pas des plus saisissantes, jeudi soir, durant la comédie musicale de l'Association pour l'intégration communautaire de l'Outaouais (APICO). N'empêche qu'il s'agissait d'un bien beau spectacle qui a suscité plus d'émotion que n'importe quelle autre pièce de théâtre.

L'APICO a réuni sur scène quelques dizaines d'artistes d'un jour, principalement des membres de l'organisme, des gens qui doivent composer avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre autistique (TSA).

Dire qu'ils sont des artistes d'un jour est légèrement inapproprié toutefois. Depuis janvier, les artisans du spectacle ont mis environ 45 heures à pratiquer, estime le directeur général de l'APICO, Stéphane Viau.

Malgré ces longues heures, la veille durant la pratique générale, certains ne maîtrisent pas leur texte ou encore leur chorégraphie, de quoi inquiéter les intervenantes de l'APICO qui guident les membres de l'organisme dans la construction de ce spectacle.

«Chaque année, je vois des intervenants avoir les larmes aux yeux sur le bord de la scène parce qu'ils embarquent sur scène et la magie opère. Ils ne l'avaient pas la veille, mais ils l'ont à ce moment-là», raconte M. Viau.

Les employés de l'APICO ne sont pas les seuls à vivre de grandes émotions durant cette soirée. Chaque année, Stéphane Viau affirme que des proches et des membres de la famille des artistes sont émus de voir la performance d'un fils, d'un frère, d'une fille ou d'une soeur qui n'a pas tous les jours l'opportunité de démontrer l'étendue de son savoir-faire.

«Chaque année, je vois des intervenants avoir les larmes aux yeux sur le bord de la scène parce qu'ils embarquent sur scène et la magie opère.»

Stéphane Viau
directeur général de l'APICO

«Plusieurs me disent après le spectacle qu'ils ne savaient pas que leur enfant pouvait accomplir de telles choses.»

C'est d'ailleurs un exemple de la thématique de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle qui se déroulait du 8 au 14 mars: «Comme on se ressemble!»

Confiance en soi

Le directeur général de l'APICO affirme que l'objectif de la comédie musicale est de développer les forces de tous les participants et d'augmenter leur confiance en soi. Les sourires ne mentaient pas, hier soir, la fierté envahissait les comédiens.

L'APICO a tenu des auditions dans le but d'offrir à chacun un rôle qui cadre avec ses forces, explique M. Viau. Pour certains, seulement de passer sur la scène, c'est un accomplissement qui les remplit de fierté. Toutefois, on veut repousser les limites des comédiens et leur faire la plus grande place possible dans le spectacle. Ainsi, un membre de l'APICO est devenu coanimateur de la soirée, jeudi.

«Ils se sentent plus valorisés, ils sentent qu'ils sont quelqu'un», résume Stéphane Viau pour expliquer pourquoi son organisme fait tout ce travail.

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