Vivre dans 225 pieds carrés

L'entreprise Lumbec travaille sur un protorype de micro-maison.... (Courtoisie)

Agrandir

L'entreprise Lumbec travaille sur un protorype de micro-maison.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Bâtir une micro-maison de 225 pieds carrés en moins de deux mois dans un atelier du secteur Aylmer. Voilà le défi que s'est lancé un entrepreneur gatinois, qui espère réussir un projet fait de composantes dénichées uniquement dans la région.

Bâtir une micro-maison de 225 pieds carrés en... (Courtoisie) - image 1.0

Agrandir

Courtoisie

Bâtir une micro-maison de 225 pieds carrés en... (Courtoisie) - image 1.1

Agrandir

Courtoisie

Appelées tiny houses en anglais, les micro-maisons sont en vogue dans certains coins des États-Unis. Lorsqu'un ami lui a parlé de ce modèle d'habitation, le propriétaire de la firme Lumbec, Martin Bisson, a commencé à fouiller sur le sujet.

«Lumbec existe depuis 1978, et j'ai aussi une compagnie de construction à part, indique M. Bisson. Lumbec a une expertise dans ce qui est petit avec les remises, entre autres, alors on s'est dit que si on prenait cette expertise-là et celle qu'on a dans la construction, on pourrait réunir 37 ans d'expérience dans 225 pieds carrés.»

À l'aide d'un logiciel, les plans d'un prototype ont ainsi été conçus. La maison a beau ne faire que 8 pieds sur 16 pieds, ses habitants potentiels pourront y dormir dans un lit king, à la mezzanine. Qu'il s'agisse de la table, du portemanteau ou des armoires, tout est configuré de manière à réduire l'espace tout en offrant une fonctionnalité maximale.

La question du climat québécois a dû être analysée, afin d'assurer la viabilité du projet à l'hiver. En combinant une isolation adéquate et des planchers radiants, l'homme d'affaires estime que son prototype résistera aux soubresauts du mercure.

Martin Bisson ignore s'il vendra un jour une micro-maison. «Moi, personnellement, j'ai trois enfants, donc ce serait impossible pour moi de vivre là-dedans, lance-t-il. Mais est-ce que tout le monde a besoin de 2000 pieds carrés pour vivre?»

M. Bisson souhaite en exposer le résultat de son travail au Salon du chalet et de l'arrière-cour, en avril, à Ottawa. Aucun prix n'a encore été fixé pour son prototype. Aux États-Unis, ceux qui bâtissent leur propre micro-maison peuvent s'en tirer pour 20000 $, tandis que les modèles manufacturés coûtent de 35000 $ à 50000 $.

L'entrepreneur Martin Bisson travaille sur un prototype de... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 2.0

Agrandir

L'entrepreneur Martin Bisson travaille sur un prototype de micro-maison.

Etienne Ranger, LeDroit

M. Bisson a trouvé un homme d'affaires d'Aylmer pour fabriquer une remorque adaptée à la micro-maison qu'il bâtira sur roues. L'entreprise gatinoise Styrorail sera mise à contribution pour l'isolation, et une firme d'Ottawa fournira la toiture. Le bois viendra de l'Outaouais.

«J'essaye de faire un produit vraiment local, c'est comme une obsession pour moi», dit M. Bisson. Bien que certains propriétaires de micro-maisons soient des adeptes de la simplicité volontaire soucieux de l'environnement, le prototype gatinois ne cherchera pas à obtenir une certification écologique. «Je n'ai pas la prétention de dire que mon produit est vert, indique Martin Bisson. [...] Mais si c'est viable, par exemple, de le faire fonctionner avec des panneaux solaires, on va le faire.»

Si les micro-maisons peuvent intéresser ceux qui veulent limiter leur consommation ou ceux qui n'ont pas l'argent nécessaire pour une maison de taille conventionnelle, M. Bisson estime qu'elles peuvent servir à bien d'autres choses. Des propriétaires de chalet pourraient s'en servir comme chalet d'invités, ou des gens qui voyagent beaucoup pourraient l'utiliser comme un pied-à-terre.

«L'idée en arrière de notre prototype, c'est de voir s'il y a de l'intérêt, indique Martin Bisson. Je pourrais bien en faire dix et n'en vendre aucune, ou en faire juste une et me retrouver avec dix commandes.»

À Gatineau, le zonage ne permet pas les micro-maisons

L'implantation de micro-maisons ne pourrait pas se faire à Gatineau sans modifications à la réglementation en matière de zonage et de construction.

Selon les renseignements fournis par le service des communications de la Ville de Gatineau, divers éléments devront être considérés lors d'une éventuelle demande pour l'installation d'une aussi petite demeure en sol gatinois.

«Si la Ville souhaite adhérer à la construction de micro-maisons sur son territoire, la réglementation actuelle devra être modifiée selon certains paramètres de contrôle, à savoir les secteurs les plus appropriés pour accueillir ce type de projet [et] les caractéristiques des micro-maisons (dimensions, implantation, type de structure du bâtiment, etc.)», a indiqué le service des communications. Advenant le cas où la municipalité effectuerait de telles modifications, un permis de construction pourrait alors être exigé, précise la Ville.

À l'heure actuelle, la superficie minimale pour une habitation unifamiliale isolée à Gatineau est fixée à 49 mètres carrés (527 pieds carrés). Un bâtiment principal doit avoir une fondation de béton, et il ne peut y avoir qu'un seul bâtiment principal par terrain, à l'exception des projets intégrés et des parcs de maisons mobiles.

Il n'est pas non plus possible d'envisager, avec la réglementation actuelle, de présenter une micro-maison comme un véhicule récréatif. «Les tiny houses ne peuvent pas être considérées comme des roulottes puisque celles-ci sont définies comme des véhicules de camping utilisés à des fins récréatives et de façon saisonnière».

Du côté de la Ville d'Ottawa, on indique que les règlements de zonage «ne fixent pas de dimensions minimales pour les maisons». Le Code du bâtiment de l'Ontario prévoit toutefois certaines normes, en fonction du nombre d'habitants. À titre d'exemple, «le nombre maximum de résidents dans une unité d'habitation ne doit pas dépasser une personne par 9,3 mètres carrés (100 pieds carrés) de surface habitable». Des dimensions minimales sont également prévues pour les chambres, en fonction du nombre de personnes qui y dorment.

Le propriétaire de la firme Lumbec, Martin Bisson, note que les règlements d'urbanisme varient beaucoup d'une ville à l'autre, et que l'implantation de micro-maisons, sur roues ou avec fondation, pourrait respecter les dispositions réglementaires de certaines municipalités plus rurales. Une vérification s'imposerait donc pour tout acheteur potentiel.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer