Assurer la survie de l'héritage franco-ontarien

Michel Prévost, l'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa.... (Archives, LeDroit)

Agrandir

Michel Prévost, l'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa.

Archives, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La survie du patrimoine bâti religieux franco-ontarien inquiète l'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa, Michel Prévost. À son avis, la création d'un Conseil du patrimoine religieux, comme il existe au Québec, devient une nécessité en Ontario pour préserver l'héritage francophone de la province.

«Je le crie sur tous les toits depuis des années, lance l'expert. Il faudrait qu'il existe la même chose en Ontario.»

Le faible nombre de sites religieux francophones protégés en province en vertu de la Loi sur le patrimoine de l'Ontario est la preuve que de meilleurs efforts doivent être déployés, estime-t-il.

«Il y a très peu de monuments religieux qui ont une telle désignation en province», dit-il rappelant la riche histoire cléricale franco-ontarienne.

À part la cathédrale Notre-Dame, l'église Sainte-Anne et l'église Saint-Charles-Borromée, toutes à Ottawa de même que l'église et le presbytère Sainte-Trinité de Rockland, les désignations se font rares.

«Plusieurs paroisses croient qu'ils perdront le contrôle si jamais il y a une désignation. Pourtant, elle n'empêche pas du tout une nouvelle vocation», dit M. Prévost rappelant que de nombreuses églises francophones ont été reconverties en bibliothèques, en salles communautaires ou en immeubles à logements.

À cet effet, l'ancienne église St. James de la promenade du Portage à Gatineau, quoiqu'anglophone, s'avère l'exemple parfait. L'édifice patrimonial - première église anglicane en région - a été transformé avec succès en un magasin de mobilier haut de gamme. Le lieu de culte a d'ailleurs été coté «incontournable» par le Conseil du patrimoine religieux du Québec.

Créée en 1995, cette organisation sans but lucratif a pour mission de soutenir et de promouvoir la conservation et la mise en valeur du patrimoine religieux québécois.

Depuis sa création par le gouvernement du Québec, 291 millions $ ont été versés à 2720 projets de restauration des édifices et biens religieux patrimoniaux. À cela se sont ajoutés 134 millions $ d'investissements privés.

Selon M. Prévost, l'existence d'un «Conseil du patrimoine religieux de l'Ontario» assurerait une meilleure protection des biens patrimoniaux religieux francophones, qui souvent nécessitent des fonds pour assure leur survie. «À l'heure actuelle, toute église qui aurait besoin d'une restauration devrait donc dépendre d'une communauté qui n'a pas l'argent pour payer de tels travaux. C'est très inquiétant» s'alarme le Franco-Ontarien d'origine.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer