Les problèmes du Gîte Ami ne datent pas d'hier

En 2012, le Protecteur du citoyen avait constaté... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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En 2012, le Protecteur du citoyen avait constaté que les chambres du refuge n'étaient pas nettoyées régulièrement.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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Les critiques formulées la semaine dernière par un groupe d'itinérants envers le Gîte Ami ne datent visiblement pas d'hier. Des plaintes semblables avaient mené, en 2012, à une enquête du Protecteur du citoyen dans le refuge d'urgence gatinois.

À l'époque, la salubrité avait également été l'un des problèmes soulevés. Il n'y avait pas de concierge à l'emploi du gîte en 2012, tout comme c'est le cas aujourd'hui. Le directeur général Luc Villemaire l'a confirmé mercredi dernier affirmant que son budget ne lui permettait pas de faire cette embauche, même s'il s'agit d'un besoin.

Comme le nettoyage est la responsabilité de l'accompagnateur de nuit et de bénévoles, le Protecteur du citoyen avait constaté que les chambres n'étaient pas nettoyées régulièrement. «L'affectation des subventions reçues par le Gîte Ami [...] relève de sa discrétion. [...] Toutefois, le Protecteur du citoyen estime qu'un centre d'hébergement temporaire pour sans-abri devrait se fixer des standards de salubrité afin d'éviter des problèmes d'infestation ou de contagion», peut-on lire dans le rapport.

Dans leur pétition demandant la tutelle de l'organisme, la semaine dernière, les itinérants dénonçaient également un caractère arbitraire lors d'expulsions des locaux et le trop grand nombre de ces expulsions.

Le Protecteur du citoyen avait recensé 179 expulsions entre le 1er avril 2011 et le 31 mars 2012, soit 7% du nombre de séjours. Le recours aux policiers dans les locaux du Gîte était également en constante croissance à l'époque, à près de cinq visites par semaine.

Parmi les recommandations, on demandait au Gîte Ami de faire en sorte que l'expulsion devienne un dernier recours, notamment en outillant mieux les intervenants.

Le refuge exigeait un dépôt de 75% du montant de chaque chèque reçu par un usager pour que ceux-ci puissent continuer à séjourner à cet endroit. Si l'objectif était d'empêcher les itinérants de consommer et les aider à faire des économies, le Protecteur du citoyen affirme dans son rapport que cette mesure devrait être facultative.

Des difficultés qui se multiplient

AVRIL 2005: Des débats politiques retardent le déménagement du refuge et font augmenter les coûts de construction des nouveaux locaux. Le Gîte Ami doit trouver 160000$ pour mener le projet à terme.

AUTOMNE 2008: La direction du gîte craint devoir fermer ses portes temporairement à la fin de l'année en raison d'un déficit de 200000$. L'Agence de la santé de l'Outaouais augmentera son aide au refuge en novembre afin d'éviter la fermeture.

ÉTÉ 2012: Encore une fois, le Gîte Ami est menacé de devoir réduire ses services, voire fermer ses portes. Un appel à la population, appuyé par l'homme d'affaires Eugène Tassé, permet toutefois de recueillir suffisamment de dons pour éviter le pire.

MARS 2013: Deux employés responsables du service de jour sont temporairement mis à la porte. Le financement stable pour conserver ce service ne sera annoncé qu'en décembre 2014.

SEPTEMBRE 2014: Le Gîte Ami réduit le nombre de soupers offerts aux visiteurs. Ils seront désormais servis à partir de la 20e journée de chaque mois, plutôt que la 15e, comme on le faisait depuis une trentaine d'années pour dépanner les gens à faibles revenus de la région.

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