Le caricaturiste Bado pleure la perte de plusieurs amis

« Il demeure essentiel de préserver cet espace... (Simon Séguin-Bertrand, archives LeDroit)

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« Il demeure essentiel de préserver cet espace de liberté qu'un magazine tel Charlie, qui s'inscrit dans une longue tradition de dessin satirique en France, cherchait à maintenir. », affirme Guy Badeaux, alias Bado, caricaturiste au Droit depuis le début des années 80.

Simon Séguin-Bertrand, archives LeDroit

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Plus qu'un collègue, le caricaturiste du Droit Guy Badeaux, alias Bado, a perdu un ami dans l'attentat perpétré dans les bureaux de Charlie Hebdo : Bernard Verlhac, alias Tignous, l'un des quatre caricaturistes tués mercredi à Paris.

Les deux hommes avaient sympathisé dès leur première rencontre, il y a de cela une trentaine d'années, lors du Salon international de la caricature, du dessin de presse et d'humour de Saint-Just-le-Martel, en France.

« Quand j'ai appris la nouvelle à la radio, on ne savait pas encore qui avait été touché. J'ai espéré très fort que Bernard n'était pas parmi les victimes... » a confié Bado, le regard profondément triste, mais également empreint du désir de rendre hommage aux victimes.

Bien que personnellement touché et ébranlé par la tragédie, rencontré dans son bureau attenant à la salle des nouvelles quelques heures après les premières manchettes, ce dernier était résolument attelé à la tâche de rendre compte à sa manière des événements par son dessin d'aujourd'hui. « Ce qui compte, pour moi, c'est de signer un dessin qui leur fera honneur... » expliquait le caricaturiste, tout en élaborant son idée, entre sa table à dessin et son ordinateur.

Car le Gatinois, qui a déjà assisté à une réunion de production de l'équipe de Charlie Hebdo en 2005, connaissait aussi très bien Charb, Cabu et Wolinski, tombés sous les coups de feu des assaillants. « Ç'aurait été tragique peu importe qui aurait été touché, mais quand j'ai appris les noms des personnes qui avaient été ciblées... Charb était à la tête du magazine. Cabu était celui qui avait signé le fameux dessin présentant Mahomet disant que 'c'est dur d'être aimé par des cons' à la Une du Charlie de février 2006. Ils étaient conscients de la menace, mais je ne crois pas qu'ils pensaient mourir comme ça... »

À l'époque de la publication des controversées caricatures de Mahomet, Bado s'était justement questionné sur la portée de ses dessins et sur la censure.

« C'est mon boulot de m'attaquer au pouvoir, à ceux et celles qui sont en position d'autorité, a-t-il évoqué. Cela dit, je suis conscient de travailler dans un quotidien pouvant être lu par des enfants. Certaines idées que je peux avoir ne méritent pas que je les présente aux patrons, car je sais qu'elles n'auraient pas leur place dans le journal. »

S'il n'est pas question pour lui de remiser ses crayons, Bado formulait par ailleurs le souhait que ses collègues d'ici et d'ailleurs continuent eux aussi à pratiquer leur métier.

« Il demeure essentiel de préserver cet espace de liberté qu'un magazine tel Charlie, qui s'inscrit dans une longue tradition de dessin satirique en France, cherchait à maintenir. »

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