Fini la production d'hosties

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«Dans le contexte actuel, nous avons décidé de garder toutes nos forces et de concentrer notre énergie sur la prière», affirme la Mère-servante générale, Soeur Marie-du-bon-pasteur.

Martin Roy, archives LeDroit

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Une page d'histoire qui aura duré 120 ans se tourne, en cette toute fin d'année 2014, au couvent des Servantes de Jésus-Marie.

Les religieuses cloîtrées dont le départ de la rue Laurier à Gatineau est imminent, cesseront complètement la production d'hosties aujourd'hui. Les Servantes de Jésus-Marie fabriquaient des hosties depuis leur fondation, à Masson, en 1895.

«C'est sûr que ça fait un pincement au coeur, lance la Mère-servante générale, Soeur Marie-du-bon-pasteur. Dans le contexte actuel, nous avons décidé de garder toutes nos forces et de concentrer notre énergie sur la prière.» Jusqu'à ce que la congrégation commence à réduire sa production, en août dernier, quelque 600000 hosties par mois sortaient des fours du couvent de la rue Laurier. Certains étaient acheminés aussi loin qu'en Gaspésie.

Du parloir où elle a soulevé le grillage pour discuter avec le représentant du Droit, Soeur Marie-du-bon-pasteur explique qu'une grande partie de la production destinée aux clients de la congrégation a été donnée aux Carmélites de Dolbeau-Mistassini. «Nous ne voulions pas laisser nos clients aux mains des grosses compagnies, dont certaines sont américaines, précise la Mère-servante générale. Nous voulions trouver une communauté qui faisait déjà la production d'hosties. Nous ne voulions pas attendre à la dernière minute et que d'autres décident de la suite des choses à notre place.»

Quant aux équipements servant à la confection des hosties, ils seront tous envoyés à Haïti, où les petites soeurs de Sainte-Thérèse sont installées.

En plus d'un siècle, la recette utilisée par les Servantes de Jésus-Marie pour la fabrication du pain béni a toujours été la même. «De l'eau et de la farine, uniquement, lance en ricanant Soeur Marie-du-bon-pasteur. Habituellement, ce mélange fait ce que tout le monde sait, de la colle. Mais en le brassant très longtemps nous arrivons à le faire cuire en feuilles dans lesquelles nous découpons les hosties.»

Au début de la fondation de la congrégation, plusieurs soeurs avaient un petit four pour cuire les hosties. Avec le temps, la méthode s'est modernisée. Les fours sont devenus électriques, et une seule personne pouvait maintenant être responsable de la cuisson.

«C'est toute une page d'histoire que nous tournons, affirme la Mère-servante générale avec sérénité. On va se rassembler demain (aujourd'hui) et faire un chant d'Action de grâce pour remercier le seigneur de nous avoir permis de faire ça si longtemps.»

Déménagement éminent

Soeur Marie-du-bon-pasteur précise qu'aucune décision finale n'a encore été prise quant à l'avenir de la congrégation sur la rue Laurier. «Ça va se faire dans les prochaines semaines, dit-elle. Nous ne regrettons pas le temps que nous avons pris et le sérieux que nous avons mis dans cette démarche. C'est difficile parce que nous sommes un groupe de 49 à décider ensemble.»

La congrégation connaît très bien la valeur du site qu'elle occupe, en plein centre-ville, en bordure de la rivière des Outaouais. En ce sens, de trouver un acheteur n'était pas très problématique pour les religieuses. «L'acheteur, pour nous, c'est le dernier de nos soucis, lance Soeur Marie-du-bon-pasteur. Avant de vendre, ce qui était surtout important pour nous, c'était de voir où nous pouvions aller. Nous avons pas mal fait le tour de nos options. Nous serons bientôt mûres pour prendre une décision.»

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