La CRÉO prépare sa mort, mais ne lâche pas prise

Paulette Lalande, présidente de la CRÉO..... (Martin Roy, archives LeDroit)

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Paulette Lalande, présidente de la CRÉO..

Martin Roy, archives LeDroit

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Quelques semaines après le dépôt du projet de loi 28 du ministre Pierre Moreau, c'est le début de la fin pour la Conférence régionale des élus de l'Outaouais (CRÉO). Au cours des prochains mois, les 17 employés seront graduellement licenciés, puis les actifs et les passifs seront liquidés. Sauf que le conseil d'administration n'est pas complètement résigné et impose des conditions au gouvernement Couillard pour la suite des choses.

Réunis en assemblée spéciale lundi, les élus ont entériné le plan de fermeture tout en adoptant à l'unanimité une proposition pour relancer une nouvelle instance régionale de concertation et de développement, et ce, avant même que la dissolution de l'organisme ne soit chose faite, le 31 mars prochain. Du même coup, ils demandent à Québec de reconnaître un statut particulier en cette matière pour l'Outaouais, en plus d'exiger une rencontre avec les cinq députés de la région afin d'obtenir les fonds nécessaires.

«C'est un projet de loi qui deviendra une loi, oui, mais nous, comme région, il faut aussi se protéger. Il faut aller vers autre chose. C'est beau de dire que le gouvernement nous a fait ci et ça, que nous ne sommes pas contents, sauf qu'on va se prendre en main. On va essayer d'avoir une instance régionale. C'est très important, car il y a 10 ans, l'Outaouais ne se parlait pas», affirme la présidente de la CRÉO, Paulette Lalande.

Avant même que ne s'active le comité de transition, qui sera formé du maire de Gatineau et des préfets des quatre MRC de la région, le conseil souhaite que le ministre des Affaires municipales modifie trois articles du projet de loi. La CRÉO s'objecte par exemple fermement à ce que M. Moreau ait le pouvoir de renverser une décision du comité de transition, en plus de pouvoir résilier tout engagement pris par le c.a. de la CRÉO après le 5 novembre.

Des projets privés de fonds

Non sans amertume, le c.a. a aussi annoncé que la disparition imminente de l'organisation sonne le glas à toute négociation liée à une entente non signée ou somme non engagée dans le cadre du Fonds de développement régional avant le 5 novembre dernier.

Une vingtaine de projets seront privés d'une enveloppe totale de 1380000$.

La CRÉO, dont les responsabilités seront transférées aux MRC, juge que l'annulation de ces subventions aura un effet domino, car celles-ci étaient une condition sine qua non à l'engagement financier d'autres partenaires. Selon l'organisme, près de six millions de dollars en investissement et une cinquantaine d'emplois sont ainsi mis en péril.

«Ce gouvernement sera sans aucun doute reconnu dans les années à venir pour son désengagement des régions et les graves conséquences de ces actions sur leur économie et leur développement», a pesté Mme Lalande, qui a malgré tout espoir que le ministre donnera une oreille attentive aux demandes de la région.

La réunion a fait salle comble lundi, et bien que la déception se lisait sur de nombreux visages, les témoignages laissaient croire qu'un mouvement de mobilisation pour la sauvegarde d'une instance régionale est bien vivant.

«Mieux vaut mourir debout que couché», a lancé spontanément un employé de longue date de la CRÉO.

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