Encore bien du chemin à parcourir

Les participantes à la vigile de samedi au... (Martin Roy, LeDroit)

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Les participantes à la vigile de samedi au parc Mémoire d'Elles ont martelé ce message: beaucoup de choses doivent encore changer.

Martin Roy, LeDroit

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La violence faite aux femmes et ses différentes formes ont fait la manchette ces derniers mois avec l'affaire Ghomeshi et le mouvement pour une enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées ou disparues.

On pourrait croire qu'il s'agit d'un grand progrès et qu'un tabou est tombé. Or, plusieurs intervenants s'entendent pour dire qu'on est bien loin de la coupe aux lèvres.

«Quand on écoute et on lit les statistiques, qu'on voie ce qui se passe autour, je n'ai pas l'impression que ça n'a pas changé beaucoup», affirme la députée de Gatineau, Françoise Boivin.

L'affaire Jian Ghomeshi, l'ancienne vedette de la CBC aujourd'hui accusée d'agression sexuelle, a au moins permis à certaines femmes de parler d'agressions sexuelles dont elles ont été victimes dans le passé. C'est un pas dans la bonne direction, mais c'est loin d'être suffisant, selon Kim Dubé, membre du Comité du Réseau d'événements pour femmes, qui a organisé la vigile de la Journée nationale contre la violence faite aux femmes, samedi, à Ottawa. «Une femme qui a dénoncé en a amené d'autres à le faire. Mais elles ne l'ont pas toutes fait à la police. C'est encore très difficile pour les femmes de dénoncer à la police.»

Les participantes à la vigile du côté de Gatineau, au parc Mémoire d'Elles, ont également martelé ce message: encore beaucoup de choses doivent changer. D'ici là, Mme Boivin insiste qu'il faut continuer à parler de cet enjeu. «Si les gens retournent dans un faux sentiment que tout est réglé, qu'il n'y a pas de problème, on permet à cette violence-là, longtemps privée, d'exister. [...] Ce n'est pas juste un problème domestique [...], ça concerne toute la société. Quelqu'un de violent, on ne peut pas tolérer ça.»

Le rôle des hommes

L'organisatrice de la vigile gatinoise, Geneviève Blanchard, estime qu'il faut faciliter la dénonciation d'actes de violence faite aux femmes. Elle estime également que les hommes ont un rôle important à jouer pour mener à un progrès.

Le conseiller municipal Mike Duggan assistait à l'événement. La veille, il distribuait des rubans blancs à l'hôtel de ville avec Nicole Dubé, la mère d'une jeune femme assassinée en Côte d'Ivoire en 2009. Il partage cette impression et veut devenir un modèle sur cette question.

«Je suis un politicien par accident. J'ai été élu, mais je ne change pas, soutient Mike Duggan. J'ai pensé qu'en tant que politicien, je pouvais utiliser l'occasion pour sensibiliser plus de monde.»

M. Duggan dit avoir été marqué par les événements à Polytechnique. Il se trouvait alors à l'Université de Waterloo, où il étudiait en sciences avec des collègues de classe féminines. Il souhaite inciter les hommes à poser des gestes concrets pour sensibiliser leurs amis.

«On a tous un ami qui a des tendances plus misogynes. Entre hommes, on sait lesquels sont un peu plus machos. Parfois on a des amis qui boivent un peu trop et qui parlent mal des femmes. C'est un drapeau rouge, il faut faire des interventions en restant calme.»

Au parc Minto à Ottawa, le député Yasir Naqvi l'a imité avec un plaidoyer pour le contrôle des armes à feu. Le maire d'Ottawa, Jim Watson, était aussi présent.

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