Pour la mémoire de Lara

À la veille de la Journée nationale contre... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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À la veille de la Journée nationale contre la violence faite aux femmes, vendredi matin, le conseiller gatinois Mike Duggan et Nicole Dubé ont distribué des rubans blancs, symboles de non-violence.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Depuis cinq ans maintenant, Nicole Dubé poursuit sa lutte pour rétablir la mémoire de sa fille décédée en Côte d'Ivoire dans des circonstances qui demeurent nébuleuses.

Le 1er septembre 2009, Lara Langlais a été retrouvée morte chez elle, le lendemain de son anniversaire. La version des autorités ne satisfait pas sa mère et elle continue d'insister pour que le gouvernement ivoirien reconnaisse qu'il s'agissait d'un assassinat.

La version rapportée dans les médias ivoiriens fait état d'ébats sexuels qui ont mal tourné. Le possible meurtrier a expliqué à qui voulait l'entendre qu'elle lui a demandé d'essayer la strangulation à l'aide d'un cordon et que l'expérience a mal tourné.

Mme Dubé n'en croit pas un mot. « C'est une violence psychologique à la famille tout ce qui a été dit dans les journaux et à la télévision en Côte d'Ivoire à propos de ma fille », dit-elle aujourd'hui.

Elle affirme avoir eu la permission de voir des photos de la dépouille de sa fille qui la montrent défigurée.

Le hasard faisait également en sorte que sa mort survenait trois jours avant un témoignage qu'elle devait livrer pour dénoncer un détournement de subventions dont devait bénéficier son organisme Agropôle, venant en aide à des agriculteurs ivoiriens.

Lorsque Nicole Dubé s'est rendue en Côte d'Ivoire pour récupérer les effets personnels de sa fille, son bureau était un fouillis, se remémore-t-elle. Lara documentait tout dans un journal de bord, ajoute sa mère. Pourtant, les pages entre janvier et septembre 2009 (période durant laquelle elle a travaillé avec Agropôle) étaient disparues, ainsi que son ordinateur. « On est en droit de se poser bien des questions. Elle écrivait chaque jour. Elle écrivait même son épicerie parfois. »

Une douleur encore bien vive

Vendredi matin, à la veille de la Journée nationale contre la violence faite aux femmes, le conseiller gatinois Mike Duggan et Nicole Dubé ont distribué des rubans blancs, symbole de non-violence, à la Maison du citoyen,

C'est une façon qu'a trouvée Mme Dubé de vivre son deuil. Impliquée au sein de l'Association des familles des personnes assassinées ou disparues en Outaouais, elle tente de sensibiliser les gens dans l'espoir de réduire la violence.

Du même coup, elle présentait une pétition aux passants, une pétition qui demande que la mémoire de sa fille soit rétablie. Les gens intéressés peuvent également la signer sur le Web. Réhabiliter la mémoire de Lara est l'unique demande de Nicole Dubé et de sa famille.

Elle souhaite que le gouvernement ivoirien reconnaisse qu'il s'agissait d'un meurtre.

« On ne demande pas un procès, pas d'argent. On demande juste qu'avec les preuves qu'on a fournies, qu'on reconnaisse que ce qui a été dit à la télévision ivoirienne et dans les journaux, c'était faux. »

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