Un juge veut éviter un autre «Zehaf-Bibeau»

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Le Droit

Faisant allusion à l'attentat du 22 octobre dernier au parlement, un magistrat de la Cour du Québec a refusé la liberté provisoire à un individu qui s'était présenté au palais de justice de Gatineau en affirmant vouloir « tuer un juge », quelques jours plus tôt.

Le 7 octobre dernier, les constables spéciaux du palais de justice ont arrêté Michel Stubbins Vézina, 25 ans. Ceux-ci avaient remarqué le comportement étrange de l'individu lors de son entrée dans l'édifice Jos-Montferrand. À sa sortie de l'ascenseur, au deuxième étage, il s'est dirigé vers une salle de cour et a répété aux constables qu'il voulait « tuer le juge » et « rendre service au monde ».

Les autorités ont saisi un couteau à bout arrondi, un tournevis pointu, des ciseaux et des cordes entremêlées. Les autorités ont aussi saisi ce qui semble être une dizaine de comprimés de méthamphétamine.

Son évaluation psychiatrique de 30 jours est terminée. L'accusé a donc tenté d'obtenir sa liberté provisoire en attendant son procès. Le tribunal a récemment déclaré qu'il était apte à le subir.

Son avocat, Me André Nault, a proposé que son client soit transféré dans un « appartement protégé », une ressource en santé mentale permettant aux gens de vivre hors du système carcéral ou hospitalier tout en étant supervisé, plutôt qu'en détention préventive. La liste d'attente est cependant très longue.

L'individu, qui doit respecter une médication stricte, sait qu'il peut faire des psychoses, mais affirme « ne pas s'en rendre compte ».

Le juge Jean-François Gosselin a refusé cette liberté provisoire. « La dynamique est lourde, dit-il. J'ai une confiance mitigée dans les capacités de monsieur à prendre sa médication. J'ai peur qu'il tombe dans les craques du système, s'il sort. Que va-t-il se passer entre l'hôpital Pierre-Janet et la ressource ? S'il y a des compressions budgétaires en santé mentale, il lui arrive quoi ? »

Lors de sa crise au palais de justice, M. Stubbins Vézina avait dit vouloir s'en prendre à un juge, sans toutefois en nommer un de façon précise.

« C'est un profil qui fait penser à ce qu'on a entendu à la télé, a commenté le juge Gosselin. Une histoire comme celle de l'autre bord de la rivière, là... »

Le juge Gosselin faisait allusion à l'attaque de Michael Zehaf-Bibeau, un individu dérangé qui a pris la vie d'un militaire et a tenté d'en prendre d'autres sur la colline du Parlement, le 22 octobre dernier.

Le tribunal a toutefois convenu que la place de M. Stubbins n'était pas en prison. « Je le perçois comme un grand malade. Peut-être (le personnel de) Pierre-Janet peut-il me convaincre ? Je suis ouvert à entendre une preuve en ce sens. »

Le dossier a été remis au mois de décembre.

Selon des documents de la cour, M. Stubbins devait déjà respecter une interdiction de porter des armes. Le prévenu a initialement été accusé de menaces de mort envers un juge, possession d'arme dans un dessein dangereux pour la paix publique, dissimulation d'arme, possession de stupéfiants, et bris de probation et de conditions de la cour.

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