Une nuitée de revendications

Plusieurs dizaines de personnes ont pris part à... (Martin Roy, LeDroit)

Agrandir

Plusieurs dizaines de personnes ont pris part à la 12e Nuit des sans-abri à Gatineau, signe que la population est de plus en plus sensibilisée à la triste réalité des itinérants.

Martin Roy, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Par la force des choses, la Nuit des sans-abri qui se déroulait hier soir a pris une tournure à saveur politique cette année.

C'est du moins l'analyse qu'en fait le coordonnateur du Collectif régional de lutte à l'itinérance de l'Outaouais (CRIO), Alexandre Ranger. Il estime que l'austérité qui règne en ce moment dans les différents paliers de gouvernement nuit à la cause de son collectif.

Au fédéral, l'incertitude entourant l'avenir de la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI) est bien connue. Au provincial, M. Ranger est inquiet de ce qui sera proposé dans le plan d'action interministériel pour la lutte à l'itinérance.

«C'est clair que dans le contexte d'austérité où on nous dit qu'il y aura des coupures mur à mur dans tous les programmes, on craint que ça devienne un plan d'action futile et vide de sens. [...] Si on coupe dans l'aide sociale, dans l'aide aux devoirs et dans le logement social, on ne va qu'empirer la situation.»

D'ailleurs, Alexandre Ranger soutient que les données compilées chaque année par le CRIO auprès de ses membres démontrent que la situation est loin de s'améliorer dans le moment. Il affirme que de plus en plus de familles doivent demander de l'aide pour subvenir à leurs besoins.

«[Ces familles et ces travailleurs] n'arrivent plus à joindre les deux bouts parce que les revenus ne suivent pas du tout les coûts de la vie. Ça amène une pression très forte et un risque de se retrouver en situation d'itinérance et en instabilité résidentielle.»

Sensibiliser le public

À voir les dizaines de personnes rassemblées hier soir au parc Ste-Bernadette, dans le secteur Hull, on peut croire que la population de l'Outaouais comprend mieux la réalité des personnes itinérantes. Mais l'organisation de la 12e Nuit des sans-abri démontre que cette sensibilisation est toujours un besoin.

Jean-Charles Gosselin qui réside désormais à Lac-Mégantic s'est récemment sorti de l'itinérance. Il soutient que le regard des autres est souvent difficile.

«Quand je ramassais des canettes vides et des mégots de cigarettes, je sentais les gens me regarder et me juger», dit-il.

M. Gosselin a par ailleurs un message d'espoir pour ceux qui n'ont pas encore réussi à quitter la rue. «Il faut prendre des risques. Ça ne fonctionnait pas pour moi ici, j'ai décidé d'aller aider à Lac-Mégantic après l'accident du train. Aujourd'hui, j'ai blanchi mon dossier avec les services de police et j'ai mon appartement. J'ai pu avoir l'aide dont j'avais besoin.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer