Deuil périnatal, douleur invisible

Plusieurs parents orphelins se sont réunis au Centre... (Martin Roy, LeDroit)

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Plusieurs parents orphelins se sont réunis au Centre communautaire de Val-Tétreau, samedi, pour s'appuyer et partager leur douleur.

Martin Roy, LeDroit

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La mort de quelqu'un qu'on connaît à peine devrait faire moins mal, croit-on souvent. L'Association Parents Orphelins veut briser ce mythe. Perdre un enfant avant sa naissance est douloureux pour toute la famille, estime l'organisme.

« Mes enfants ont quatre ans et ils savent très bien que leur grande soeur fait dodo dans le ciel, ils en parlent régulièrement », explique la vice-présidente de l'organisme, Mychelle Périard.

Aujourd'hui mère de jumeaux de quatre ans, elle affirme toujours avoir du mal à accepter le départ de sa petite Michaëlle, morte à 40 semaines de grossesse. « C'est au quotidien que tu apprends à vivre avec ça. [] Je souligne son anniversaire tous les ans. On fait un barbecue et une envolée de ballons. C'est la faire vivre à notre façon, sans que ça prenne toute la place. »

Un tour au centre communautaire de Val-Tétreau, samedi dans le cadre de la première Fête des anges de Gatineau, permettait rapidement de constater que Mme Périard n'est pas seule dans cette situation. Elle n'est également pas seule à vivre difficilement la mort de son enfant.

Francine de Montigny, professeure en sciences infirmières à l'Université du Québec en Outaouais, étudie le deuil périnatal et ses impacts depuis plusieurs années. Cette perte peut être dévastatrice pour une famille, même s'ils n'ont pas connu l'enfant. « La femme qui fait une fausse couche, c'est un projet qu'elle a perdu. Elle n'a aucune possibilité de rituel autour de ça. C'est encore plus isolant. [] À partir du moment où on veut un bébé, il y a une place dans la famille pour lui. Quand il ne vient pas, la place est vide. »

Un deuil souvent ignoré

Mme de Montigny estime qu'il faut sensibiliser davantage la population à cette situation. Selon elle, les couples qui voient leur enfant mourir avant la naissance sont souvent isolés puisque leur tristesse est en quelque sorte ignorée.

Mychelle Périard partage ce point de vue. Elle soutient que les moments les plus difficiles pour un couple qui doit vivre avec la mort d'un enfant surviennent après trois ou quatre semaines plus tard. « Les gens reprennent leur vie normale, mais toi, ta vie s'est arrêtée et elle l'est encore », dit-elle en déplorant que plusieurs couples soient isolés.

C'est d'ailleurs pour briser cet isolement que la Fête des anges a vu le jour. Pour Francine de Montigny, il s'agit d'un « temps d'arrêt » dans ce monde où tout bouge rapidement pour se libérer de la tristesse et de la partager avec des gens qui ont vécu la même situation.

Mme Périard souligne aussi que l'activité porte un message d'espoir. « Certains qui sont ici viennent tout juste de perdre leur enfant. On veut leur montrer que la vie est belle malgré tout. »

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