Le bronzage «au noir» existe à Gatineau

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La loi québécoise interdisant aux moins de 18 ans l'accès aux salons de bronzage a beau être en vigueur depuis la mi-février, ce ne sont pas tous les commerçants de l'Outaouais qui la respectent. C'est du moins ce que LeDroit a pu constater lors d'une enquête maison, avec comme cobaye une adolescente de 17 ans qui a visité huit différentes adresses à Gatineau.

Étudiante en journalisme, Tracy-Ann Gagnon s'est prêtée au jeu à l'approche des bals de finissants, afin de vérifier si les exploitants appliquaient la nouvelle législation. Résultat : six des huit salons ont exigé des pièces d'identité. C'est donc dire que le quart des commerçants ont contrevenu à la loi, qui prohibe également toute forme de publicité en faveur du bronzage artificiel destinée aux mineurs.

Au comptoir, elle a dû montrer ses cartes d'identité à La Villa du Soleil et chez Bronzage Ultime, dans le secteur Gatineau, ainsi que chez Bronzage Alhoa, Bronzage Palm Beach, Bronzage Le Tropical et Bronzage Ultime, dans le secteur Hull. À l'inverse, rien ne lui a été exigé chez Bronzage BoTan Plus et Coiffure Cristalline, dans le secteur Gatineau.

N'ayant eu recours à des lits de bronzage qu'à deux ou trois reprises dans sa vie, l'étudiante a avoué être étonnée des conclusions de l'enquête. « Honnêtement, je me serais attendue à ce que davantage de salons ne respectent pas la loi. (...) Par contre, je n'ai vu des affiches 18 ans et plus que dans deux des huit salons. Dans certains cas, elles étaient dissimulées derrière les présentoirs. Et en général, je n'ai pas eu l'impression qu'il y avait de la méfiance, on s'occupait d'abord de vanter les produits avant de me demander mes cartes.

Les ados, cibles de choix

Avant l'âge de 35 ans, le risque de développer un mélanome grimpe de 60 % lorsqu'on a recours au bronzage artificiel, selon la Société canadienne du cancer. L'adolescente constitue une cible parfaite pour les commerçants, puisque selon les statistiques, l'utilisation des lits de bronzage chez les jeunes filles évoluerait selon l'âge, passant de 7 % à 15 % entre 14 et 15 ans ; avant de carrément doubler à l'âge de 17 ans (35 %).

Le propriétaire de Bo-Tan Plus, l'un des deux salons où l'adolescente n'a pas eu à montrer patte blanche, nie les faits. Joint au téléphone, il a même indiqué qu'il se souvenait de cette cliente. « Je ne crois pas que c'est arrivé, car on carte les jeunes ici, surtout que la loi ne nous affecte presque pas, car la majorité de notre clientèle est plus âgée », a lancé André Desjardins.

Chez Coiffure Cristalline, où on offre aussi des lits de bronzage, la propriétaire de l'endroit s'est dite très étonnée lorsque LeDroit lui a appris que l'âge d'une adolescente n'avait pas été contrôlé. Affirmant qu'il s'agit d'une malencontreuse erreur et prétextant être en affaires depuis peu, la dame a promis de faire preuve de davantage de vigilance à l'avenir. « C'est important de respecter la loi, mais en même temps, on n'a reçu aucune indication du ministère jusqu'à présent », a-t-elle dit, ajoutant offrir un produit naturel (spray-tan) comme alternative pour le bronzage chez les mineurs.

Chiffre d'affaires peu affecté

Fait à noter, dans l'un des salons (Bronzage Palm Beach), l'employée a exigé des preuves d'âge, mais n'a pas hésité à offrir d'autres avenues à l'ado. « Nos boss veulent vraiment qu'on vérifie ça, mais à d'autres endroits, ils te laisseraient sûrement entrer », a-t-elle affirmé.

Plus de détails dans LeDroit du 13 avril ou sur ledroitsurmonordi.ca

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