Originaire de Hull, M.Prévost a passé l'essentiel de son enfance dans l'Est ontarien. «J'ai eu une enfance très mouvementée. J'ai habité dans des villages comme Alfred, Curran, Treadwell», raconte-t-il.
«J'ai perdu mon père à l'âge de 6 ans, lorsqu'il s'est fait écraser par son tracteur. La famille a été séparée et je suis allé vivre chez mon grand-père maternel.»
C'est à ce moment que M.Prévost se découvre une passion pour l'histoire. Celle qu'on lit dans les livres, mais aussi celle qui est contée, racontée.
«Mon grand-père était très fier de son passé. Il était très fier de dire qu'il avait été bûcheron, trappeur, chasseur, cultivateur», partage-t-il, en marge du 14e Gala Richelieu de la francophonie qui se tenait hier soir au Centre Saint-Élias, à Ottawa. «Dès l'âge de 6 ans, il me parlait de son héros: Jos Montferrand. Il m'a donné ce goût pour l'histoire, des racines francophones. Je lui dois beaucoup.»
La pomme ne tombe jamais bien loin du pommier; M.Prévost raconte à son tour l'histoire de la région, lors de dizaines de visites guidées qu'il donne chaque année un peu partout, des Comtés unis de Prescott et Russell en passant par Buckingham et Aylmer.
Au-delà de la langue
La langue est souvent citée comme étant le plus important vecteur de fierté identitaire. Or, l'histoire et les archives, croit M.Prévost, doivent retrouver leurs lettres de noblesse. Elles doivent plus que jamais intéresser les jeunes. Et pour ce faire, croit-il, il faut cesser de ne raconter que les exploits des élites, l'histoire des vainqueurs.
«C'est important de garder des traces de notre passé, si on veut développer un sentiment de fierté et d'appartenance. Il faut donner des exemples concrets aux gens», explique-t-il. «Pour moi, l'histoire, ce n'est pas juste des dates, et surtout, c'est important de faire l'histoire de la classe ouvrière et rappeler notre passé industriel et agricole.»
Par ailleurs, la soirée a été l'occasion de remettre à nouveau quatre bourses dans le cadre du Concours d'essais littéraires du Fonds Jean-Robert-Gauthier. C'est Marjie Brown, une étudiante de l'Université d'Ottawa, qui a raflé le premier prix d'une valeur de 4000$.
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