Des voleurs de viandes dans les supermarchés

Christian St-Jacques, propriétaire du IGA Montée Paiement, estime... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Christian St-Jacques, propriétaire du IGA Montée Paiement, estime que les voleurs de viande peuvent lui faire perdre, en une semaine, jusqu'à 2000$. «Ces voleurs (...) savent comment écouler leur stock rapidement.»

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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«Bien entendu, ils ne partent pas avec du steak-minute. Ils connaissent leur affaire. Ils vont dans le boeuf AAA, dans le filet mignon, dans les coupes les plus dispendieuses. Ils peuvent littéralement vider un comptoir de viande dans le temps de le dire. C'est extrême.»

Propriétaire du IGA Extra, situé sur la Montée Paiement, dans le secteur Gatineau, Christian St-Jacques est convaincu qu'un réseau de trafiquants de viande est en opération à Gatineau.

Pour les épiciers de la région, les pertes se calculent en dizaines de milliers de dollars par année. M.?St-Jacques évalue que les semaines où les trafiquants sont en activité, il peut se faire voler jusqu'à 2000$ de viande. Ce dernier assure que son cas est loin d'être exceptionnel.

«Leur organisation est bien rodée, dit-il. Ces voleurs ont des clients, ils reçoivent des commandes. Ils savent comment écouler leur stock rapidement. On ne parle pas de gens qui volent parce qu'ils ont faim. On ne vole pas tout un comptoir de viande pour sa propre consommation. Nous sommes en présence d'un réseau bien organisé qui sait très bien ce qu'il fait.»

Les propos de M.?St-Jacques sont corroborés par le vice-président de l'Association des détaillants en alimentation du Québec, Pierre-Alexandre Blouin. Selon lui, l'Outaouais ne serait pas la seule à être aux prises avec des organisations de voleurs de viande. Le phénomène serait d'ailleurs en pleine croissance au Québec depuis environ cinq ans, selon lui.

«Les exemples sont très nombreux, dit-il. Certaines coupes de viande ont une valeur importante. Quelques minutes suffisent pour commettre un vol de plusieurs centaines de dollars. On est loin du vol de gomme balloune. Il y a clairement des réseaux de trafiquants bien organisés qui sont en opération. Pour les contrebandiers, il y a une fortune à faire comme ça. C'est important que la police prenne ces vols au sérieux.»

Des restos comme clients?

Très peu d'informations circulent présentement concernant ces organisations criminelles. L'hypothèse la plus plausible lie ces trafiquants à des restaurants qui seraient en fait les principaux clients de ces réseaux. «Les restaurateurs passent leurs commandes et les voleurs font le reste, explique M.?Blouin. On pense que la viande volée dans une région est généralement revendue dans une autre région, afin de brouiller les pistes.»

Isabelle Tassé, gérante du Provigo Tassé, à Gatineau, abonde dans le même sens. «C'est clair que ce type de réseau existe et c'est évident que la revente se fait dans certains restaurants, dit-elle. Je ne crois pas que les grandes chaînes de restauration soient complices, mais certainement qu'il y a de plus petits restaurants indépendants qui profitent de cette contrebande pour s'approvisionner en viande.»

Plus de détails dans l'édition du Droit du 7 décembre ou sur ledroitsurmonordi.ca

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